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Filière porcine/Indicateur Indicateur compétitivité : premier pas vers une action collective

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L’Ifip (institut technique du porc) et Inaporc (interprofession porcine) ont présenté un indicateur de compétitivité pour les filières porcines européennes le 5 juin à Paris. Sans surprise, la France occupe la dernière place sur les cinq acteurs clés européens. Cet indicateur permet à la filière de parler d’une seule voix. Mais il ne suffira pas à générer une dynamique de collaboration. Même si elle ne suffit pas, cette concertation est une condition indispensable du retour à la croissance de la filière.

L’Ifip (institut technique du porc) et Inaporc (interprofession porcine) ont présenté un indicateur de compétitivité pour les filières porcines européennes le 5 juin à Paris. « Le résultat concrétise un ressenti », a déclaré Guillaume Roué, président d’Inaporc. Le Danemark obtient le meilleur indice avec 0,79 point suivi de l’Allemagne – où la situation est très hétérogène – (0,52), les Pays-Bas (0,51), l’Espagne (0,49). La France arrive en dernière position des cinq acteurs clés de la filière européenne avec 0,31 point (chiffre 2010). L’indicateur synthétique combine la compétitivité de l’ensemble des maillons de la filière depuis les élevages jusqu’à la distribution (33 variables réparties en 8 thèmes, non pondérées).

L’élevage et l’industrie à la traîne, la distribution en forme

Si le coût de la main d’œuvre reste un des facteurs qui plombent la compétitivité française, les performances industrielles sont aussi bien en deçà de celles de nos concurrents européens. « Les moindres investissements, la faible automatisation et des outils industriels de taille réduite pénalisent la France », observe Marie-Alix Roussillon, économiste à l’Ifip. Concernant le maillon élevage, les performances techniques sont les meilleures d’Europe, mais avec un outil vieillissant et un sous-investissement chronique par rapport à nos voisins européens. « Notre performance technique ne compense plus les contraintes économiques », analyse Gérard Viel, président du la section porcine du pôle animal de Coop de France. Concernant la distribution en revanche, la France est en tête et de loin (0,7 contre 0,56 pour le Danemark, en deuxième position). Ce qui est positif pour la filière, juge Marie-Alix Roussillon. Les éleveurs de porcs ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont lancé un mouvement le 6 juin pour obtenir une réelle revalorisation de leurs prix de vente, tandis que le médiateur commence à rencontrer les distributeurs.

Un constat commun, mais des solutions qui ne le sont pas encore

Avec l’indice élaboré par l’Ifip, la filière porcine dispose désormais d’un outil partagé pour dire ses difficultés aux pouvoirs publics. Mais derrière cette unité de façade, des progrès restent très certainement à faire pour que la filière avance réellement main dans la main. Et ce n’est qu’à cette condition qu’elle pourra se restructurer dans une optique dynamique plutôt que de voir les restructurations, inévitables, accélérer son délitement. L’absence de repreneur pour Gad ne saurait ainsi être interprêtée comme une bonne nouvelle.

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