L’objectif mérite d’être souligné : les producteurs de lait ont l’intention de mettre leur nez dans l’aval de leur profession, la transformation laitière. Ils l’ont dit, très clairement, à l’occasion de l’assemblée générale de la FNPL à Dijon, le 5 avril.
Voilà une des premières réponses, dans l’élevage, à la nouvelle donne issue de la réforme de la Pac. Face à la diminution probable des prix des produits transformés, les producteurs se doivent d’orienter leur aval industriel. La stratégie est d’autant plus nouvelle qu’elle pourrait déboucher sur cet « Unigrains » du lait, fonds financier destiné à investir en capital. L’initiative, pour intéressante – et sans doute vitale – qu’elle soit, soulève deux questions.
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D’une part, n’était-ce pas le rôle de la coopération agricole que d’être le bras séculier des producteurs, à même d’investir dans la transformation et le négoce, faisant la synthèse entre une stratégie d’entreprise et le revenu de ses adhérents ? En affirmant vouloir influer sur l’aval, les producteurs soulignent implicitement que la coopération n’a pas répondu à toutes leurs promesses. Mais c’est peut-être largement parce que ces promesses ont été compromises par les marchés eux-mêmes.
En second lieu, les producteurs devraient prendre garde à ne pas limiter leurs investissements futurs aux activités peu ou pas rentables du type beurre-poudre de lait. Si tel était le cas, la stratégie trouverait vite ses limites. L’objectif ultime n’est-il pas au contraire de réorienter la transformation beurre-poudre vers des produits à haute valeur ajoutée ? Quitte aussi à prendre le contrôle de quelques fleurons au savoir faire d’avenir. En industrie laitière, il se passera bientôt ce qui s’est passé pour le sucre, la farine ou l’huile. De belles entreprises n’intéresseront plus le capitalisme financier. Il faudra être au rendez-vous.