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Sécurité alimentaire/UE Industrie et consommateurs saluent l’adoption d’une liste de 222 allégations de santé

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Fait rare à ne pas passer sous silence : industries agroalimentaires et associations de consommateurs européennes sont sur la même longueur en ce qui concerne une liste de 222 allégations de santé autorisées. Celle-ci, proposée par la Commission européenne, vient d’être confirmée par un vote de la commission de l'environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen. Les eurodéputés ont en effet approuvé cette liste comportant des mentions telles que « allégé en matières grasses » ou « à teneur réduite en cholestérol ») destinées à apparaître sur les emballages alimentaires. Cette liste a été proposée par la Commission européenne suite à une évaluation faite par l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) et à une approbation par les États membres (1).

L'adoption par la commission de l'environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen de la liste positive de 222 allégations de santé – proposée par la Commission européenne et approuvée par les États membres – aiderait beaucoup à harmoniser l'utilisation des allégations scientifiquement fondées sur les étiquettes des produits alimentaires à travers l'UE et à créer un espace dans lequel les opérateurs peuvent se concurrencer et développer leurs innovations ». FoodDrinkEurope (ex-CIAA), le lobby de l'industrie agroalimentaire européenne, se dit ravi du rejet par les eurodéputés, le 21 mars 2012, d'une résolution défendue par une vingtaine d’entre eux et qui préconisait de s'y opposer. Les partisans de cette résolution affirmaient que les exigences en matière d'étiquetage préconisées pour ces allégations « étaient disproportionnées et imposaient une charge de travail trop lourde sur les épaules de l'AESA qui serait chargée d'approuver les allégations de santé présentes sur les étiquettes alimentaires ». Avant le vote des eurodéputé, l'Alliance for Natural Health, le lobby des compléments alimentaires, avait lancé de son côté une campagne auprès des députés pour soutenir la résolution, affirmant que « restreindre le nombre d'allégations de santé sur les aliments limiterait le choix du consommateur et obligerait les scientifiques à mener de nombreuses études nutritionnelles sur les produits vendus dans l'UE ». Des efforts réduits à néant dans la mesure où seulement vingt-deux membres de la commission de l'environnement ont soutenu la résolution qui n'est pas passée contre trente-sept qui s'y sont opposés.

Une sécurité pour les opérateurs alimentaires
Aux yeux des représentants de l'industrie, le feu vert des eurodéputés pour la publication de cette liste des 222 allégations de santé constitue « une étape importante dans le processus vers l'adoption d'une liste définitive des allégations santé autorisées au sein du marché communautaire ». Pour aller de l'avant, FoodDrinkEurope souligne la nécessité « d'améliorer le dialogue avec l'Autorité alimentaire en ce qui concerne la soumission des demandes des futures allégations de santé afin de créer une plus grande certitude pour les exploitants du secteur alimentaire qui investissent dans la recherche et le développement dans cette optique ». Par ailleurs, le porte-voix de l'industrie estime qu' « un régime harmonisé des allégations de santé autorisées apporterait également une sécurité pour le consommateur en lui fournissant des informations sur les propriétés bénéfiques de nutriments dans les aliments, propriétés sous-tendues par des preuves scientifiques ce qui l'aiderait à faire des choix alimentaires éclairés, contribuant ainsi à lui assurer une alimentation équilibrée et une vie plus saine ».

Une première étape dans la bonne direction selon les consommateurs
Le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) se félicite de la décision des eurodéputés de confirmer l'opinion scientifique de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire qui n’a délivré son feu vert « qu’à une petite minorité d’allégations de santé utilisées par l’industrie alimentaire pour promouvoir ses produits ». Monique Goyens, la directrice générale du BEUC, a souligné que « le vote des eurodéputés constitue une étape importante dans la bonne direction. Il met fin à la tromperie des consommateurs par des allégations non fondées, exagérées ou inexactes sur les denrées alimentaires ». Seules les allégations de santé véritablement fondées seront autorisées à rester sur le marché. Elle salue le fait que « dans les 6 mois, toutes les allégations pour lesquelles l'AESA a conclu qu'elles ne sont pas prouvées scientifiquement devront être retirées du marché ». Rappelons que si 222 allégations ont été autorisées par la Commission, environ 1 600 autres ont été recalées (liste « négative qui sera également publiée) et 1 500 autres environ (qui concernent essentiellement des plantes botaniques) ont été mises sur une liste d'attente pour évaluation future.

(1) Deux Etats membres ont toutefois voté contre et trois autres se sont abstenus

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