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Sniv > Industriels de la viande et ministère de l’Agriculture prennent rendez-vous

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Accueillant le secrétaire d’Etat à l’Alimentation, Nicolas Forissier, à l’occasion de l’assemblée générale du Syndicat national de l’industrie des viandes, Jean-Paul Bigard, son président, a appelé à l’élaboration d’« un corpus réglementaire et normatif innovant et adapté » aux produits élaborés.

Pour que l’entrecôte et les autres produits « plaisir » de viande bovine puissent continuer à être vendus à un niveau de prix acceptable, « il faut bien valoriser le reste de la carcasse ». Dans son plaidoyer en faveur de l’innovation, Jean Chavel, directeur général de Charal, qui s’exprimait lors de l’assemblée générale du Sniv (Syndicat national de l’industrie des viandes) le 18 septembre Agra Industrie n°79 du 23 septembre 2004, a multiplié les arguments en faveur des produits élaborés. Passant au crible le cas du steak haché, il a rappelé que cette « viande par excellence » représente aujourd’hui 31 % de la viande bovine (en tonnes équivalent carcasse) achetée par les consommateurs. Et d’ajouter que sur un marché des viandes de boucherie en décroissance, les volumes de produits élaborés fabriqués par les adhérents du syndicat ont totalisé 300 500 tonnes l’an passé, quand ils cumulaient 215 600 tonnes en 1995. Enfin, signal appuyé aux éleveurs, il a rappelé que « l’innovation incite à l’abattage ».

Une véritable opportunité

Le président du Sniv, Jean-Paul Bigard, a lui aussi souligné la « véritable opportunité » que représente l’innovation pour la filière et la production française. A ceux qui redoutent la banalisation de la matière première et la concurrence des viandes étrangères, il rétorque que la logique d’entrée sur le marché de ces produits « reste et restera celle de la matière première viande avec tous les besoins de réassurance sur l’origine du produit que cela comporte». C’est une erreur de croire que l’on puisse s’opposer au développement de marchés qui répondent à de véritables attentes des consommateurs, poursuit-il. « Dans ces conditions, je préfère que ces nouveaux marchés soient occupés par des industriels français, qui n’ont plus à faire la preuve de leur ancrage dans la production nationale…».

Jean-Paul Bigard a du reste appelé de ses vœux l’élaboration d’un corpus réglementaire et normatif innovant adapté à ces nouveaux produits. Une proposition à laquelle le secrétaire d’Etat à l’Alimentation, Nicolas Forissier, présent à l’assemblée générale, s’est dit « ouvert».

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Remontées de propositions

Le président a par ailleurs attiré l’attention du ministre sur la « sur-réglementation» et l’usage « frénétique» du principe de précaution, qui engendrent des handicaps de compétitivité pour les entreprises. A propos du dispositif ESB, Nicolas Forissier a admis que l’on pouvait s’interroger sur le maintien de certaines mesures, tout en continuant d’offrir toutes les garanties nécessaires aux consommateurs. Il convient, selon lui, d’avoir « une approche active » du principe de précaution pour le faire évoluer.

A propos du paquet hygiène qui doit entrer en application le 1er janvier 2006, le secrétaire d’Etat a indiqué qu’après une large concertation de plusieurs mois, la France remettra, le 25 octobre, ses propositions à la Commission européenne. En écho à Jean-Paul Bigard, inquiet de savoir si « nous saurons avoir une approche pragmatique, efficace et économique », il confie son souci que ce dispositif « ne devienne pas une usine à gaz ». Interpellé aussi à propos de la taxe d’équarrissage qui « étouffe les entreprises… et alimente des distorsions de concurrence insupportables », selon le président du Snia, Nicolas Forissier se dit prêt à étudier toute proposition d’évolution du service, et ce à partir de 2005, mais avec trois réserves : le maintien du service public, la conformité au droit communautaire et la couverture de l’ensemble du territoire.

Enfin, chargé de la conduite du plan national pour le développement des industries agroalimentaires, il a évoqué « plusieurs points de faiblesse » de l’industrie de la viande apparus dans le diagnostic dressé par le premier des sept groupes de travail. Parmi eux, figurent la dispersion du secteur qui nécessitera la réorganisation de certains outils, le manque de fonds propres, la forte intensité capitalistique face à une faible rentabilité, et l’image de cette industrie dans l’opinion. Le secrétaire d’Etat a affirmé son souhait que les observations faites par les experts soient soumises au filtre des entreprises, qu’il appelle à formuler des propositions concrètes. « Il est important que les entreprises retrouvent le chemin de leur ministère», fait-il valoir.