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Technologie/Logistique Industriels et distributeurs se mettent à la page « RFID »

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50% des industriels de l’agroalimentaire et 73% des distributeurs ont confiance dans la mise en place de « l’étiquette électronique », révèle un sondage Stef-TFE/BVA. La mise en place d’un calendrier s’opère petit à petit dans les entreprises puisque 13 % des industriels et 32 % des distributeurs pensent intégrer d’ici deux ans maximum cette nouvelle technologie. Si le prix de la RFID doit entrer dans « une logique de partage des coûts » selon Léon de Sahb, directeur général d’Agrostar (filiale logistique de Stef-TFE, un des leaders français du transport et de la logistique sous température dirigée), ce sont principalement les producteurs de marchandises à forte valeur ajoutée qui devraient les premiers investir dans la RFID. 37 industriels et distributeurs de différents secteurs ont d’ores et déjà présenté leurs expériences « pilotes » en la matière au « Salon RFID 2005 » qui s’est tenu du 12 au 14 octobre au Palais des Congrès de Paris et a accueilli 1 797 visiteurs.

Les initiatives autour des étiquettes intelligentes « B to B » poussent les acteurs de la supplychain de l’agroalimentaire à se positionner. La RFID gagne progressivement du terrain dans les esprits, puisque plus de 50 % des industriels de l’agroalimentaire et 73% des distributeurs ont confiance dans la mise en place de cet « étiquetage du futur », selon un sondage Stef-TFE/BVA, effectué auprès de 201 responsables logistique d’entreprises, dont 151 de l’agroalimentaire. Le cap de la « courbe de désillusion » viendrait d’être passé par les entreprises du secteur, avec la mise en place d’un vrai calendrier de lancement. 13 % des industriels et 32 % des distributeurs pensent ainsi intégrer d’ici deux ans maximum cette nouvelle technologie.

Le chemin reste cependant long à parcourir avant une généralisation de ces micro-puces (appelées « TAGS ») qui contiennent dix fois plus d’information (poids, DLC, température, origine, nombre de lots…) qu’un code barre et permettent un inventaire automatique par un simple passage sous un portique. 92% des personnes interrogées déclarent en effet n’avoir pas commencé dans leur entreprise la mise place de cette technologie. Léon de Sahb, directeur général d’Agrostar, filiale logistique de Stef-TFE, souligne « qu’il existe un retard certain et inquiétant des industriels français par rapport à leurs homologues étrangers. Plus de 25% des Américains et 15 % des Allemands ont par exemple lancé des expériences pilotes».

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Partage des coûts

Stef-TFE, un des leaders français du transport et de la logistique sous température dirigée qui « a un rôle clé dans la sensibilisation des acteurs », selon le dirigeant d’Agrostar, a pour sa part lancé un pilote au mois de septembre. A la croisée des chemins entre producteurs et distributeurs, le groupe a conscience des avantages économiques et financiers apportés par la RFID. Mais le prix de sa mise en place, principal frein de cette technologie pour 57% des industriels et des distributeurs, « doit rentrer dans une logique de partage des coûts ». Et ce sont les industriels qui produisent des marchandises à forte valeur ajoutée qui devraient en premier investir dans cette technologie, qui reste encore chère, et tirer petit à petit les autres acteurs du secteur. Car 22 % des industriels et des distributeurs considèrent actuellement que la sécurité d’une part, et la diminution des litiges d’autre part, constituent le principal atout de l’étiquette électronique.

Initiatives

Malgré tout, des entreprises positionnées à différents niveaux de la supply chain se lancent dans l’aventure, notamment pour profiter de son gain de traçabilité. A l’instar d’Agrostar, de nombreuses sociétés étaient présentes au « Salon RFID 2005 » qui s’est tenu du 12 au 14 octobre au Palais des congrès de Paris : Atys, fabricant de fruits transformés pour l’industrie réalise une étude de faisabilité « pour intégrer la RFID dans l’amont de la chaîne de production et identifier les flux de fruits entre les lieux de collecte et de transformation » ; Jumbo NL Supermarket, distributeur hollandais, qui utilise un « pilote » de RFID pour tracer ses importations de viande congelées en provenance d’Irlande… Si les initiatives se multiplient, c’est la grande distribution qui devrait donner l’élan qui installera l’étiquette électronique de l’amont jusqu’à l’aval du secteur. Le mouvement est imminent, puisque 62 % des distributeurs s’attendent à des « grands développements de la RFID » dans les deux prochaines années.