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Industries : la FNCG veut faire sauter la taxe sur les huiles

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La Fédération des industries des corps gras (FNCG) compte profiter de l’ouverture du nouveau gouvernement vis-à-vis des entreprises pour lever les freins à la compétitivité de son secteur, et pour commencer, à « mettre le paquet » en lobbying pour supprimer la taxe sur les huiles et margarines. Son assemblée générale annuelle, le 24 mai, a été l’occasion de porter les messages de l’industrie agroalimentaire pour qu’elle soit davantage reconnue par le gouvernement que précédemment.

La Fédération nationale des industries des corps gras (FNCG) va « mettre le paquet » en lobbying pour supprimer la taxe sur les huiles et margarines, a indiqué son délégué général, Hubert Bocquelet, ouvrant l’AG. Cette taxe, qui date des années 1960, ponctionne chaque année 110 millions d’euros sur les activités de cette filière. Soit un prélèvement de 6 milliards depuis le début de la mise en place de la taxe.

En finir avec les taxes sur les productions

« Il est difficile de sortir de ce dispositif », a confié Yves Delaine, président de la FNCG. Lors de précédentes discussions avec l’administration, celle-ci a fini par proposer à l’industrie des corps gras une alternative : mettre la taxe sur le sucre. « Nous n’avons pas voulu entrer dans ce jeu », a ajouté Yves Delaine. La profession voudrait en finir avec ces taxes sur les productions et amener les pouvoirs publics à compenser la suppression de la taxe par la fiscalité générale. « Il va falloir s’attaquer aux 33 taxes de production du secteur agroalimentaire (contre 10 en Allemagne) », a complété Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef. « Nous allons nous y attaquer une par une », a promis pour sa part Jean-Philippe Girard, président de l’Association nationale de l’industrie alimentaire (Ania). La fiscalité de l’industrie agroalimentaire s’est alourdie de 1,2 milliard d’euro, en cumul sur cinq ans, de 2011 à 2016, a rappelé Yves Delaine. Soit 50% de l’alourdissement subi par l’industrie française, tous secteurs confondus, pendant la même période, alors que l’agroalimentaire représente 20% de la valeur ajoutée industrielle française.

La fragilisation de l’agriculture préoccupe les industriels

L’industrie des corps gras est préoccupée par la fragilisation de l’agriculture. « Nous ne pouvons que constater que la compétitivité de notre amont agricole se réduit année après année par rapport à ses voisins européens », a déclaré le président de la FNCG. Jean-Philippe Girard a confié à Yves Delaine la mise en place et la présidence d’une nouvelle commission à l’Ania intitulée « agriculture et transformation ». « Nous allons rédiger un cahier de propositions pour que ce maillon qu’est l’agriculture soit plus résilient », a évoqué Yves Delaine.

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Pendant ce temps, « une concurrence intra-européenne s’est développée, facilitée par un certain niveau de subsidiarité dans l’application des règlements et notre industrie fait face en aval à une guerre des prix insupportable, entretenue par l’hyper-concentration de ses acteurs », a-t-il poursuivi. La compétitivité n’est pas forcément féconde, a fait observer Jean-Philippe Girard. En effet, quand elle alimente une guerre des prix entre enseignes, qui ne profite même pas aux consommateurs, « elle ne sert à rien ! ».

La compétitivité de notre amont agricole se réduit année après année

Industrie des corps gras : de l’huile aux savons en passant par les peintures

L’industrie des corps gras regroupe un grand nombre d’activités : les huiles de graines (y compris pépins de raisin), les margarines, les huiles à goût (de noix, de pistache, de noisette, de colza grillé), l’huile d’olive, les bougies et cierges, les savons et détergents. Les utilisations sont donc multiples : huiles d’assaisonnement, de cuisson, de friture, margarines, corps gras pour la boulangerie-pâtisserie, le chocolat, l’alimentation infantile, les soupes. S’y ajoutent les tourteaux, les substituts du lait pour les veaux. Et les usages techniques : biodiesel, cosmétiques, encres et peintures, lubrifiants, produits de pharmacie, détergents.