Bruno Le Maire veut prolonger le « trimestre anti-inflation » et contraindre les partenaires commerciaux à se remettre autour de la table des négociations. Deux réunions séparées sont prévues à Bercy.
Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire réunissait, le 11 mai, les représentants de la grande distribution pour évoquer les prix des produits alimentaires. L’objet de la rencontre portait sur le prolongement du « trimestre anti-inflation » et la réouverture des négociations commerciales. Les industriels sont invités dans un second temps. La date n’est toujours pas connue, mais le cabinet du ministre indique que cela pourrait intervenir dès la semaine prochaine. Aucune annonce n’a été faite à l’issue de la réunion avec les distributeurs.
« Nous voulons, avec les distributeurs, prolonger l’opération pour que les distributeurs continuent de s’engager sur la baisse d’un certain nombre de prix », déclarait le locataire de Bercy, le 3 mai. Les distributeurs, plutôt disposés à continuer de faire quelques concessions sur leurs marges, demandent en contrepartie que les industriels fassent « leur part » en acceptant de renégocier les prix à la baisse. « Il faut forcer » les entreprises agroalimentaires « à revenir à la table des négociations pour baisser les prix », car pour l’heure les industriels « font les morts », déclarait, le 8 mai, le directeur exécutif achat chez Lidl, Michel Biero. Seul Fleury Michon aurait accepté de rouvrir son contrat avec le distributeur. Quelques semaines plus tôt, Michel-Edouard Leclerc affirmait pourtant que les renégociations avaient commencé pour les centres Leclerc.
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Les Mousquetaires demandent une charte
Ce n’est pas le cas chez leur concurrent Intermarché. « Une impulsion du gouvernement est la seule solution pour s’en sortir aujourd’hui », plaidait le président du groupement Les Mousquetaires, Thierry Cotillard, interviewé sur France info à quelques heures de la rencontre à Bercy. Il affirme qu’ « aucun » industriel n’a accepté ses demandes de renégociation d’Intermarché et demande au gouvernement de mettre en place une charte, comme en 2022. Il s’agissait alors de répercuter la flambée des coûts de production des producteurs agricoles et des industriels. « Nous demandons une charte dans le sens inverse aujourd’hui », indique-t-il.
En marge de la réunion du 11 mai, la Feef a réaffirmé que les PME et ETI qu’elle représente doivent être exclues de la réouverture des négociations. « Les PME-ETI fournisseurs de la distribution n’ont absolument pas la capacité de réduire leur tarif. Aucune baisse n’est observée dans les coûts de transformation et de fabrication », affirme l’organisation dans un communiqué. Elle explique que les prix des matières premières agricoles et industrielles restent « très élevés » et l’énergie « très problématique ». La Feef ajoute que les salaires ont « beaucoup augmenté ».