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Accord Sarkozy Inflation dans les annonces de baisses de prix

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S’ils l’ont signée sous la contrainte, ou presque, les distributeurs et les industriels jouent à présent pleinement le jeu de la baisse de prix, au risque de tomber dans la surenchère. Une chose est sûre à présent, la valse des étiquettes annoncée pour le mois de septembre aura bien lieu.

La surenchère de communication sur les baisses de prix dans la grande distribution tourne au pugilat entre les enseignes. Après Carrefour et Leclerc, c’est au tour d’Auchan de se lancer dans la guerre des prix et l’orchestration publicitaire d’une valse des étiquettes qui rendrait en l’espace de quelques semaines la vie moins chère. Pour toutes ces enseignes, l’accord Sarkozy du 17 juin – sur la baisse de 2% du prix des grandes marques – tombe finalement à point nommé pour réviser, auprès des consommateurs, leur image ternie de « magasins chers » qui profite tant, depuis ces dernières années, aux Aldi, Lidl et autres spécialistes du hard discount.

De 3 à 19%

De même, certains producteurs ne veulent pas laisser la vedette aux distributeurs ou à leurs propres concurrents. Ainsi, Danone espère prendre à son compte l’image de fabricant raisonnable sur les prix. Et pour ce faire, 2% de baisse sont insuffisants. Dans un communiqué, le groupe a annoncé, le 30 août, qu’il allait adopter une « solution de prix différenciée avec des baisses allant de 3 à 19% plutôt que celle d’une baisse uniforme de 2% sur tous les produits. » Les produits de « consommation familiale » ont été retenus par le groupe. Ils représentent environ un tiers des volumes vendus en France. Cette diminution « significative des prix sur des produits de marque et de qualité », devrait, selon Danone, « générer une véritable reprise de la consommation ». Rien de moins !

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« Vigilance »

Pour autant, les associations de consommateurs sont sceptiques : « De telles opérations vont permettre aux consommateurs de regagner un peu du pouvoir d’achat qu’ils ont perdu au cours de ces derniers mois et on ne peut que s’en réjouir », reconnaît dans un communiqué la CLCV. « Mais il faut que chacun, dans ses achats, reste vigilant sur la façon dont ces réductions sont faites, constituant parfois des incitations à consommer plus ou cachant des augmentations sur d’autres secteurs », prévient-elle. Par ailleurs, l’association pose une question que les consommateurs ne manqueront pas de se poser : « Quel changement majeur est intervenu qui leur permet tout à coup de baisser certains prix de 15, 20 voire 30% ? », s’interroge-t-elle.

En tout état de cause, bien que les conséquences pour les consommateurs soient incertaines, l’opération baisse des prix orchestrée par les pouvoirs publics a donné un coup de fouet à la concurrence entre les enseignes ainsi qu’entre les mastodontes de l’agroalimentaires disposant de marges de manœuvre. Si les uns et les autres ne parviennent pas à modifier leur image de cherté auprès des consommateurs, ils seront au moins parvenus à assurer une belle campagne promotionnelle de rentrée au parrain de l’accord sur les prix.