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Inflation : les GMS ont absorbé les hausses en 2022

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Malgré l’importante inflation des produits alimentaires, les marges brutes des grandes surfaces n’ont pas augmenté l’année dernière, selon le dernier rapport de l’Observatoire des prix et des marges (OFPM).

En moyenne, la marge brute de la grande distribution sur les produits alimentaires est restée stable en 2022 (+0,4 %), tandis que celle des industries agroalimentaires a progressé de 4 %, indique le rapport 2023 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, présenté le 22 juin. Le document souligne que l’amortissement par l’aval (IAA et GMS) de la hausse des prix à la production, observé sur 2020-2021, s’est poursuivi en 2022, année caractérisée par une inflation forte (+7,3 % en alimentation). Un phénomène très marqué pour la viande porcine, la viande bovine, le lapin, la volaille et la pomme de terre vapeur (qui intègre cette année le panel).

Cependant, contrairement aux éditions précédentes, cet amortissement est d’abord le fait de la grande distribution. Les plus fortes hausses en IAA (supérieures à 12 %) concernent la volaille, la pomme de terre vapeur (stade expédition) et quatre produits laitiers au lait de vache conventionnel. En revanche, les évolutions sont beaucoup plus contrastées pour les marges brutes des GMS, de -18 % pour le jambon à +57 % pour les pâtes.

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Part de la matière première agricole en hausse

L’année 2022 est aussi marquée par une progression moyenne de 17 % de la valeur de la matière première agricole dans le prix de vente au détail HT. La part de la matière première agricole dans ce dernier passe de 45 % en moyenne en 2021 à 50 % en 2022. « L’augmentation des prix agricoles a profité aux producteurs qui ont retrouvé des marges positives par rapport à leurs coûts de production », constate l’OFPM. Avec une exception notable : « L’élevage bovin qui, malgré la hausse des prix, demeure assez loin de deux Smic par UTH ». Toutefois, cette embellie « n’est en aucune manière liée à un " partage plus favorable de la valeur ajoutée " », conteste l’Observatoire. « Les hausses de prix sont celles de marchés mondiaux et européens que subissent l’ensemble des acteurs des filières. »

Réagissant dans un communiqué le 22 juin, Chambres d’agriculture France (ex-APCA) salue la « solidarité affichée des acteurs de l’aval ». Toutefois, « ces bons niveaux de prix ne doivent pas occulter les signaux préoccupants quant à l’avenir de certaines productions », singulièrement en élevage. Alors que le rapport de l’OFPM porte sur l’année 2022, l’APCA rappelle que les prix agricoles ont « reflué » dans les premiers mois de 2023, tandis que « les agriculteurs ont dû se procurer des intrants à prix élevés ». Contrairement à son habitude, le syndicalisme majoritaire n’a pas réagi au rapport de l’OFPM.

L’observatoire conteste tout « partage plus favorable de la valeur ajoutée »