Onze foyers ont été confirmés dans la petite région de la Chalosse, qui représente environ 50 % de la production de foie gras des Landes, premier département producteur français. La zone dite d’abattage préventif a été étendue à une cinquantaine de communes, mais tous les palmipèdes n’y seront pas abattus préventivement. Les services vétérinaires ont changé de stratégie dans cette zone, où les abattages sont prévus uniquement dans un périmètre de 3 km.
Ce que les professionnels et les services vétérinaires redoutaient est finalement arrivé : la Chalosse est touchée par l’influenza aviaire H5N8, qui ne sévissait jusqu’ici que dans l’est du département des Landes. Le 7 février, le directeur de la DDCSPP des Landes, Christophe Debove, a confirmé à Agra Presse l’apparition de 11 foyers supplémentaires d’influenza aviaire, dans huit communes toutes situées en Chalosse (Toulouzette, Maylis, Saint-Perdon, Misson, Pontonx-sur-Adour, Poyartin, Hinx, Gamarde). Ces foyers marquent une forte percée du virus vers l’Ouest. Ils ont justifié une sixième extension de la zone d’abattage préventif, à une cinquantaine de communes qui couvrent presque l’intégralité de la Chalosse. La liste est parue au Journal officiel le 7 février.
La stratégie de lutte des services vétérinaires vient de changer sur les conseils de l’Anses ; ce ne sont pas l’ensemble des palmipèdes de la zone qui seront abattus, comme c’était le cas jusqu’ici lors d’une extension de la zone dite d’abattage préventif. À compter des cas confirmés le 1er février (dans les communes de Goos et Préchacq), le « dépeuplement » ne concernera, dans cette zone, que les volailles (palmipèdes et gallinacés) situées à moins d’un km des foyers, et les palmipèdes en extérieur situés dans les villes et villages à moins de 3 km du foyer. Et non plus l’ensemble des palmipèdes.
Origine de la dissémination non connue
Il s’agit d’une mauvaise surprise ; le virus semblait stabilisé depuis le 20 janvier en bordure de la Chalosse, mais « le virus a fait un saut (à Goos et Préchacq, ndlr), depuis il diffuse dans toute la Chalosse », retrace Christophe Debove. Les professionnels évaluent actuellement le nombre d’animaux concernés. L’origine des foyers n’est pas encore connue, aucune source privilégiée. Les autorités remarquent que les cas de Goos et Préchacq étaient situés à proximité d’une zone marécageuse, et que les règles de biosécurité ne sont pas pleinement respectées, déplore la DDCSPP, qui rapporte deux verbalisations de transporteurs, pour non-respect des règles de lavage. L’Anses vient par ailleurs d’être saisie d’une étude sur la présence du virus dans la faune locale, pour évaluer le danger porté par les palombes ou buses, dont quelques individus ont été retrouvés contaminés.
La Chalosse, région importante pour la production de foie gras, est largement touchée par cette extension, alors qu’elle était jusqu’ici relativement épargnée. Elle représente 50 % des animaux à foie gras des Landes, et plus encore en termes de producteurs, estime la chambre d’agriculture des Landes. Le département est le premier producteur en France avec un quart des volumes nationaux.
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Influenza aviaire H5N8 : Ceva santé animale travaille sur un vaccin pour les canards
Le groupe vétérinaire français Ceva santé animale travaille actuellement à l’élaboration d’un vaccin de protection des canards contre le virus de l’influenza aviaire H5N8, a confié à Agra Presse son président Marc Prikazsky, en marge d’une conférence de presse le 9 février. Le groupe espère aboutir à un produit efficace cet été. Ce produit existe déjà pour les gallinacés. Pour des pays exportateurs comme la France ou les États-Unis, la principale barrière aux vaccins contre l’influenza est l’impossibilité d’exporter vers certains pays. Pour lever ce frein, Marc Prikazsky plaide notamment pour des analyses régulières du statut sanitaire des animaux. Il plaide plus généralement pour une concertation entre le gouvernement et la filière sur ce sujet.
Le groupe faisait par ailleurs le bilan de l’année 2016 marquée par une croissance de 10 % à périmètre et taux de change constants, et plusieurs acquisitions : en Inde (laboratoire Polchem), au Brésil (Hertape et Inova) et en France avec Biovac (auto-vaccins) et ID project (avec lequel Ceva veut construire le leader mondial de l’automatisation des couvoirs). En 2017, Ceva santé animal a acquis quelques activités, dans le cadre du rachat de son concurrent, le français Merial, par l’allemand Boerhinger. Ceva est désormais le premier groupe vétérinaire français.
Influenza aviaire : enquête ouverte à Paris pour « tromperie aggravée »
Le parquet de Paris a ouvert récemment une enquête préliminaire pour « tromperie aggravée » pour tenter de déterminer les responsabilités dans la propagation fin 2016 de l’épidémie de grippe aviaire qui sévit dans le sud-ouest de la France, a appris l’AFP le 9 février de source judiciaire. L’enquête ouverte notamment pour « tromperie aggravée par le danger sur la santé animale » doit permettre de démontrer si fin 2016 des lots de volatils ont pu être envoyés à des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées tout en sachant qu’ils pouvaient être contaminés par le virus H5N8, a expliqué cette source. Cette enquête préliminaire fait suite à un rapport du ministère de l’Agriculture transmis au parquet d’Albi, qui s’était ensuite dessaisi au profit du pôle de santé publique de Paris. Le ministère avait lancé une enquête administrative après que les élevages du Gaec de la Guigneret, dans le Tarn, rattaché à la coopérative du Vivadour (Gers), avaient envoyé les 30 novembre et 1er décembre deux lots de canards destinés à être gavés à des éleveurs situés dans le Gers, le Lot-et-Garonne et les Hautes-Pyrénées.