Deux foyers d’influenza aviaire ont été détectés dans des élevages vendéens, non loin de la zone où l’épizootie avait flambé au printemps. Avec vingt cas en France depuis le 1er août, la maladie continue de progresser.
Épicentre de la deuxième vague 2022 d’influenza aviaire, au printemps, la Vendée est de nouveau confrontée à la maladie. Un foyer a été détecté le week-end du 8 octobre « dans un élevage de canards de barbarie dans la commune des Pineaux », indique Ouest-France. Deux jours plus tôt, la préfecture avait confirmé un premier cas à une quinzaine de kilomètres, dans « un élevage de volailles situé dans la commune de Saint-Martin-des-Noyers », toujours selon le quotidien régional (article payant). Il comptait 14 200 dindes, qui ont été abattues le jour même, précise France 3 Pays de la Loire. Cet élevage est situé à quelques kilomètres des Essarts (au nord-ouest de la Roche-sur-Yon), une zone riche en exploitations et industries avicoles (abattoirs, couvoirs, usines d’aliment). C’est de là qu’était partie la flambée épizootique du printemps, qui a ravagé notamment les Pays de la Loire. Avec 534 cas au 23 juin, la Vendée a été le département le plus touché par l’influenza en 2022. Plus récemment, la préfecture a décrété début septembre la mise à l’abri des volailles dans tout le département après la détection de plusieurs cas en faune sauvage. Le 20 septembre, un foyer a été détecté dans un élevage de canards à Machecoul (Loire-Atlantique), juste au nord de la Vendée.
Déjà 330 000 volailles abattues depuis août
Alors que la période hivernale – traditionnellement plus à risque – s’approche, la maladie continue sa progression, sans flambée pour l’instant. D’autres nouveaux cas ont été confirmés ces derniers jours, notamment dans un troisième dans un élevage dans le Morbihan et plusieurs en basses-cours (Somme, Charente, Gironde, Ardèche et la Réunion). Selon le dernier bilan du ministère de l’Agriculture au 10 octobre, la France compte 20 foyers en élevage, 24 en basses-cours et 115 en faune sauvage. Un comptage qui a démarré le 1er août, date du début de la campagne 2022-2023. Devant la « dégradation de la situation sanitaire », la Rue de Varenne a passé l’ensemble du territoire en risque « modéré » le 2 octobre. Quelque 330 000 volailles ont déjà été abattues depuis le 1er août, rapporte France 3 Bretagne, alors que 21,8 millions d'animaux avaient été euthanasiés lors de l'épizootie 2021-2022 (d'août 2021 à mai 2022).
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Avec 90 cas en élevages et 382 en faune sauvage, l’influenza est largement présente en Europe (y compris Royaume-Uni, Islande, Russie, et Moldavie). En raison de la hausse du nombre de foyers et de l’accroissement saisonnier du risque d’influenza aviaire, « les Pays-Bas et la Belgique confinent leurs volailles depuis le 5 octobre », indique Réussir Volailles. Comme le précisent nos confrères, « au mois de septembre, les Pays-Bas ont enregistré 18 foyers de contamination en virus H5N1, tandis que la Belgique en a déclaré 8 depuis le 21 septembre. » Dans le Plat pays, les éleveurs, négociants en oiseaux et les particuliers détenant plus de 200 volailles doivent mettre leurs animaux à l’abri. Idem dans les Pays-Bas, où la réunion mensuelle du comité des experts du 29 septembre a abouti à la généralisation de la claustration, « déjà en vigueur dans un certain nombre de zones ». Cette mesure s’applique aux « détenteurs d’oiseaux à des fins commerciales », ainsi qu’« aux parcs zoologiques et aux propriétaires d’oiseaux amateurs », note le média spécialisé.
ZRS et autocontrôles
En ce qui concerne la lutte contre l’influenza en France, un arrêté paru au Journal officiel le 13 octobre permet aux préfets de créer, « sur la base d’une analyse de risque », des « zones réglementées supplémentaires » (ZRS) autour des foyers. Une mesure déjà annoncée le 30 septembre par le ministère de l’Agriculture, qui avait précisé que ces ZRS s’étendraient sur 20 km autour des foyers. Ces nouvelles zones s’ajoutent aux zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km) existantes. Dans les ZRS, « le préfet peut prendre tout ou partie des mesures prévues » dans les zones de surveillance (interdiction des mouvements d’animaux et d’œufs, des rassemblements d’oiseaux, des épandages de matière organique, etc.). Par ailleurs, le texte donne aussi le pouvoir au préfet d’« imposer des autocontrôles » dans les zones de protection et de surveillance. Des analyses dont l’impact financier sur les exploitations est loin d’être neutre.