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Influenza : « encore des obstacles à lever » avant de vacciner

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En fonction des discussions budgétaires en cours, le ministère de l’Agriculture espère annoncer les modalités de la vaccination contre l’influenza aviaire à la « mi-juillet ». Autres chantiers en cours : la logistique, la surveillance et la diplomatie sanitaire.

Le ministère de l’Agriculture espère annoncer « mi-juillet » l’ensemble des modalités de la vaccination contre l’influenza aviaire, a-t-on appris lors d’un échange avec la presse le 28 juin. En vue d’une vaccination des canards à partir d’octobre, la Rue de Varenne avait passé un appel d’offres en avril pour 80 millions de doses. Le gouvernement communiquera le résultat de cet appel d’offres aux entreprises concernées (Ceva Santé animale, Boehringer Ingelheim et Zoetis) « au plus tard mi-juillet ». Le ministère espère présenter à cette même occasion ses arbitrages sur la stratégie vaccinale. « Il reste encore des obstacles à lever, on ne peut pas encore dire qu’on le fera », tempère le cabinet du ministre. La prochaine étape consistera à « valider le schéma de financement ». Des discussions sont en cours « en interministériel » sur la prise en charge de la vaccination et sur les indemnisations 2022-2023, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2024.

Exclu de vacciner plus tôt que prévu

Comme le précise le ministère sur son site web, les autres sujets à régler portent sur la diplomatie sanitaire (export vers les pays tiers), l’organisation logistique de la campagne de vaccination, ainsi que sur la surveillance et la traçabilité associées à la vaccination. Mais l’aspect financier conditionnera l’ambition de tout le dispositif. « Une fois que le schéma de financement sera arrêté, on pourra valider la stratégie vaccinale », résume l’entourage de Marc Fesneau. « Le scénario minimal prévoit de vacciner les élevages commerciaux de canards sur tout le territoire, au moins pendant l’automne et l’hiver. » Sera-t-il possible de protéger les autres espèces de volailles ? De vacciner toute l’année ? Ces éventuelles extensions de la vaccination sont suspendues aux arbitrages budgétaires.

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En revanche, malgré l’insistance des professionnels, le cabinet du ministre de l’Agriculture exclut de démarrer la vaccination plus tôt que prévu. « Nous avons annoncé la date de début octobre aux pays tiers [importateurs de volailles et de génétique avicole françaises]. En avançant la date, on se décrédibiliserait auprès d’eux et ils pourraient y voir une forme de fébrilité. » Et la Rue de Varenne de rappeler que la France sera « scrutée avec attention », car elle serait « le premier pays au monde à vacciner contre l’influenza aviaire ». « Le pire serait une vaccination à la hâte qui donnerait le sentiment qu’elle n’est pas utile », balaye-t-on au ministère.

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Les filières étudient le recours au FMSE

Sans s’avancer sur le coût de la future campagne vaccinale, la Rue de Varenne confirme que « l’État prendra très vraisemblablement une grosse part » de la facture, mais aussi que « les professionnels devront prendre en charge une partie du coût ». Alors qu’elles divergeaient il y a peu sur le mode de financement du reste à charge pour les éleveurs, les filières avicoles ont finalement « fait une proposition collective » aux pouvoirs publics, indique Marie-Pierre Pé, la directrice du Cifog (interprofession du foie gras). Pour cette première campagne, les professionnels suggèrent de « prendre en charge une partie de frais de vaccination correspondant à l’achat d’une dose appliquée » sur les deux nécessaires. Un niveau de participation qui « représente ce qui est attendu par le cabinet du ministre », précise-t-elle.

Aux yeux du Cifog, la surveillance post-vaccination devra, elle, « être assurée et garantie par l’État, car c’est un gage de réassurance des pays tiers. Pour nous, c’est un critère de réussite. » Pour les éventuelles campagnes suivantes, les filières avicoles comptent « vérifier s’il y a une possibilité juridique de recourir au FMSE » (fonds sanitaire professionnel), précise sa directrice. Sur la campagne en elle-même, la filière foie gras propose de mettre en place la vaccination « progressivement », en « commençant par les zones les plus sensibles », comme le Sud-Ouest, premier bassin de production. « Vacciner des animaux et assurer la traçabilité, nous savons le faire, rappelle Marie-Pierre Pé. Il faut rester confiant. »

« L’État prendra très vraisemblablement une grosse part » du coût

Les filières avicoles proposent de financer une dose de vaccin sur deux