Alors que seuls deux vaccins européens ont été testés sur les canards en France, l'américain Zoetis a aussi décroché une autorisation temporaire, ouvrant potentiellement la voie à son utilisation lors de la campagne vaccinale de cet automne.
Ces dernières semaines, « cinq vaccins vétérinaires efficaces contre la souche circulante » d’influenza aviaire ont décroché une autorisation temporaire d’utilisation (ATU), a indiqué le ministère de l’Agriculture sur son site internet le 19 juin. Une décision de l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) qui ouvre la voie à leur usage pour la campagne de vaccination prévue à l’automne. Trois de ces vaccins concernent les canards, espèce actuellement la plus sensible à la maladie et pour laquelle la vaccination est envisagée. Parmi eux, le Respons AI H5 (Ceva) et le Volvac B.E.S.T AI + ND (Boehringer Ingelheim) ont présenté de bons résultats lors des essais menés par l’Anses et l’ENVT (École vétérinaire de Toulouse). Le Poulvac Flufend H5N3 (Zoetis), lui, n’était pas inclus dans cette expérimentation. Destiné aux poules et canards, ce produit était « déjà reconnu ailleurs le monde », et avait été testé à ce titre, a indiqué le ministère de l’Agriculture le 28 juin. Enfin, les deux derniers vaccins autorisés, le RG de Zoetis et le Vectormune HVT-AIV (Ceva), ciblent, eux, uniquement les gallus (poules et poulets).
Possibilité de vacciner les canards reproducteurs
En avril, le ministère de l’Agriculture a passé un appel d’offres pour 80 000 doses de vaccins, dans le but de vacciner l’ensemble des canards en France à l’automne. Difficile d’imaginer que Zoetis, leader mondial de la santé animale, laisse passer son tour. Le groupe américain, autrefois intégré au laboratoire Pfizer, pourrait bien venir troubler ce qui s’annonçait comme un duel entre le français Ceva et l’allemand Boehringer Ingelheim. Avec des arguments à faire valoir : selon Marie-Pierre Pé, la directrice du Cifog (interprofession du foie gras), il afficherait un moindre coût unitaire, car il est injecté en une dose au couvoir, puis une autre en élevage, contre deux en élevage pour ses concurrents. Même s’il compte pour 40 % de la note attribuée lors de l’appel d’offres, le coût est loin d’être le seul paramètre pris en compte. Parmi les autres critères : les conditions de conservation ou encore la capacité du laboratoire à fournir les doses.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Par ailleurs, le Poulvac « permet d’avoir des perspectives de vaccination des canards reproducteurs », note Mme Pé. Une possibilité qui peut intéresser la filière canard. Car contrairement aux élevages de futurs reproducteurs (0-24 semaines), les fermes de ponte (au-delà de 24 semaines) « restent encore très concentrées dans les Pays de la Loire », selon la directrice du Cifog.