Les mises en place de gallinacés (poulets, dindes…) vont reprendre après trois mois d’arrêt, a annoncé l’interprofession des volailles Anvol le 9 mars. Comme les précédents, l’épisode d’influenza de 2020-2021 laissera des cicatrices à moyen terme à tous les niveaux de la filière.
Après trois mois d’arrêt de la production pour cause d’influenza aviaire, « nous avons la possibilité de remettre des volailles en place dans le Sud-Ouest depuis jeudi (4 mars, NDLR) », a annoncé Bernard Tauzia, président de l’Association des volailles fermières des Landes (AVFL) le 9 mars. « Nous attendons juste le décret d’application », a-t-il précisé lors d’un point presse d’Anvol (interprofession des volailles de chair). Cette mesure ne s’applique qu’aux gallinacés (poulets, dindes, etc.) et non aux palmipèdes, plus sensibles au variant actuel du virus et pour lesquels quelques cas subsistent dans le Gers. Après un vide sanitaire de trois mois, environ cinq millions de volailles n’ont pas pu être mises en place par rapport à une année normale. Par ailleurs, les mesures de lutte contre le virus (dépeuplement préventif) ont provoqué l’abattage de quelque 400 000 volailles de chair et de 2,4 millions de canards.
En Label rouge, pertes plus lourdes qu’en 2017
En 2021, les pertes de production – notamment en Label rouge – devraient dépasser celles observées lors de la précédente épizootie de 2017 (-14 %), prévoit l’interprofession. « Dans quelques mois, les abatteurs n’auront plus de volailles provenant du Sud-Ouest à vendre », prévient M. Tauzia. Lors d’un entretien à Agra Presse le 16 février, le président d’Euralis Christophe Congues évoquait « un risque de rupture d’approvisionnement en avril pour les volailles Label rouge des Landes ». « Les aides de l’État ne compensent pas la totalité des pertes », rappelle Anne Richard, la directrice d’Anvol. En 2017-2018, l’influenza avait occasionné des pertes de 583 millions d’euros (M€) pour l’ensemble des filières volailles (dont trois quarts pour les palmipèdes). Les aides de l’État s’étaient élevées à 158 M€.
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« Épée de Damoclès » pour les exportations, l’influenza peut provoquer du jour au lendemain la fermeture de certaines destinations à l’export. « Depuis la première crise d’influenza, la filière avicole n’a jamais retrouvé ses marchés », indique l’Anvol dans son dossier de presse. Tous produits confondus (viande de volailles, œufs, foie gras, génétique), les exportations françaises vers les pays tiers n’ont pas dépassé les 500 M€ depuis 2016, alors qu’elles flirtaient avec les 700 M€ les années précédentes. Le secteur de la génétique – qui a exporté pour 105 M€ en 2020 – est particulièrement affecté, avec la fermeture de la Chine en 2016. Un marché de 35 M€ qui « n’a toujours pas rouvert », déplore Louis Perrault, président du SNA (accouveurs). Ironie du sort : « On avait obtenu la réouverture de la Chine la semaine où la France a déclaré son premier cas d’influenza en Corse. »