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Influenza : un « plan Adour » pour « réorganiser la production » dans le Sud-Ouest

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Les communes concernées par le plan Adour Crédits : © DR

Face au risque d’influenza aviaire, les professionnels de quatre départements du Sud-Ouest se sont mis d’accord sur un plan de « réduction drastique » des densités en volailles pour cet hiver. Une feuille de route soutenue par les pouvoirs publics.

« Réorganiser la production pour diminuer les densités dans les élevages » : c’est ainsi que Christophe Bonno, directeur général de Maïsadour, résume la philosophie du « plan Adour » dans un message sur LinkedIn le 28 juillet. Récemment adopté par les professionnels du Sud-Ouest en complément du plan national influenza, cette feuille de route vise une « réduction drastique du risque d’un nouvel épisode » d’influenza aviaire, d’après la chambre d’Agriculture des Landes (qui a participé aux travaux). « L’épisode 2021/2022 d’influenza aviaire est celui de trop pour l’ensemble des éleveurs », martèlent les élus landais dans une motion adoptée le 27 juin. La mesure phare du plan Adour, qui concerne quatre départements (Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées) ? L’absence totale de palmipède entre le 15 décembre et le 15 janvier dans les 68 communes les plus denses en animaux. Ces communes « sont à forte densité et ont été systématiquement contaminées lors des quatre épisodes de crise aviaire », explique le dirigeant de Maïsadour, qui publie une carte de la zone concernée. Et d’ajouter : « Il est absolument nécessaire de tester une réduction de la densité en zone critique durant la période à risque. »

40 % de gallus en moins dans 20 communes

Durant la même période, le plan prévoit par ailleurs une baisse de 40 % du nombre de lots de gallinacées dans les 20 communes les plus peuplées en gallus (hors pondeuses). D’après un document publié sur le site web de la chambre d’agriculture des Landes, les mises en gavage y seront aussi interdites (toujours du 15 décembre au 15 janvier). Une mesure qui concerne également les 12 communes de la zone comptant un couvoir. Les gallus seront aussi interdites de séjour dans les six communes les plus peuplées en élevages autarciques de palmipèdes.

Lire aussi Influenza : le plan du ministère pour relancer la production et réduire les risques

Quant aux producteurs en filières courtes des 68 communes les plus denses, ils devront aussi « diminuer le nombre de palmipèdes » (au choix baisse des densités, allongement des vides sanitaires, pas d’engraissement entre le 25 décembre et le 1er février). Seuls les éleveurs « autarciques complets (du caneton à l’abattage sur site) » pourront maintenir leur production « sans plafond particulier dans le ma mesure du respect des règles de mise à l’abri ». Les éleveurs de poules de pondeuses, eux, pourront continuer à produire normalement, « sous condition d’un protocole d’analyses spécifiques (à définir) ».

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Indemnisations majorées

« L’impact sur les volumes et sur l’activité de toute la filière requière un accompagnement technique et financier par les services de l’État », revendique Christophe Bonno. Un accompagnement confirmé le 29 juillet par le cabinet du ministre de l’Agriculture lors d’un brief à la presse. Les éleveurs respectant les règles du plan Adour bénéficieront d’une indemnisation à 100 % de leurs pertes économiques jusqu’à 270 jours après les restrictions sanitaires (nouveau dispositif I3), contre 50 % pour les autres zones. Outre la réorganisation de la production, le plan Adour compte trois autres axes, selon M. Bonno : « améliorer la biosécurité », « déployer une surveillance efficace » et « optimiser le pilotage de la gestion de crise ».

Le plan Adour a été élaboré par les quatre chambres d’agriculture départementales, les interprofessions régionales des volailles de chair (Airvol) et du foie gras (Cifog), ainsi que les organisations de producteurs (OP) Label rouge et IGP, les associations de producteurs indépendants et ASAVI (ex-Cluster biosécurité). En parallèle, dans sa motion du 27 juin, la chambre d’agriculture des Landes demande un « moratoire sur toute création ou extension d’élevage nouveau » dans les 68 communes les plus denses. Entre autres mesures, la chambre consulaire exige aussi « le partage des PAE (palmipèdes prêts à engraisser, NDLR) entre OP pour réduire au maximum les distances en période de risque élevé ».