Les plumes des canards « peuvent constituer une voie sous-estimée de transmission » de l’influenza aviaire, concluent des chercheurs de l’Inrae et de l'ENVT (École nationale vétérinaire de Toulouse) dans une étude parue le 17 octobre dans la revue Emerging Microbes & Infections. Le virus de l’influenza présente un tropisme « marqué et persistant » pour l’épithélium des plumes (cellules des parois), notent les scientifiques, qui ont analysé des canards morts pendant les récentes épizooties en France, ainsi que 50 autres animaux inoculés pour les besoins de l’expérience. L’infection par le virus de l’influenza « conduit à des dommages sévères sur l’épithélium des plumes en croissance », notent-ils. Des fragments de plumes se détachent donc, et « sont aérosolisés dans les bâtiments de volailles », où ils « restent infectieux ». Sachant que, comme le rappellent les chercheurs, les particules de plumes peuvent représenter « jusqu’à 10 % de la masse totale des poussières présentes dans un poulailler ».
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Ces résultats pourraient expliquer en partie pourquoi les canards excrètent plus de virus que les poulets par exemple. Alors que les palmipèdes peuvent incuber le virus une dizaine de jours sans symptôme, « la mort rapide des galliformes est associée à une extension virale limitée de la pulpe à l’épithélium ». Par ailleurs, « la dispersion des plumes peut aussi avoir lieu pendant le transport des canards de la ferme à l’abattoir ». C’est l’un des scénarios qui étaient mis en avant pour expliquer la flambée de février 2022 en Vendée dans le « hub » des Essarts, autour d'une route où sont situés des usines d’aliment, des abattoirs, des couvoirs et des élevages.