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Entomoculture Innovafeed sécurise le financement de sa deuxième usine

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La société de biotechnologie Innovafeed a levé 15 millions d’euros, pour partie en dette, pour partie par apport de la part de plusieurs investiseurs, dont des fonds et des entrepreneurs. Les fondateurs conservent la majorité du capital. L’entreprise va construire une deuxième usine lui permettant d’atteindre une production de 10 000 tonnes de farines par an, dans le courant du 3e trimestre 2019.

Innovafeed, le spécialiste de la production de protéine d’insecte a annoncé le 8 février la finalisation d’une levée de fonds lui permettant de sécuriser un financement de 15 millions d’euros. Sans donner de détails sur la répartition des montants, Maye Walraven, chargée du marketing et du business développement, précise qu’outre une partie par de la dette, "ces fonds sont apportés par de nouveaux investisseurs". Il s’agit du fonds d’investissement à impact AlterEquity3P, des fonds régionaux Finovam Gestion, Nord Création (Groupe IRD) et Nord France Amorçage (fonds géré par Siparex) et de plusieurs entrepreneurs, dont Emmanuel Butstraen (président de Novecare Solvay), Jean-Pierre Princen (ex-CEO de Goëmar), Olivier Duha et Frédéric Jousset (fondateurs de Webhelp), Matthieu Pélissié Du Rausas (senior partner McKinsey), Sébastien Breteau (CEO de AsiaInspection), Marc-Antoine de Longevialle et Benjamin Cardoso (fondateurs de LeCab), Rodolphe Carle (fondateur de Babilou) et des associés d’Accuracy. À noter qu’après cette opération, les fondateurs, Guillaume Gras, Aude Guo, Bastien Oggeri et Clément Ray conservent la majorité du capital de la biotech.

Après une première levée de fonds en 2016 pour la construction de sa première usine dans le Nord, Innovafeed compte sur ce nouvel apport de fonds pour bâtir sa seconde usine, "dotée d’une capacité 10 fois supérieure à 10 000 tonnes de farines par an, qui sera opérationnelle dans le courant du 3e trimestre 2019", précise Maye Walraven. La construction de la 2e usine intervient en parallèle avec l’extension lancée à l’automne dernier de la première usine, qui devrait permettre d’atteindre 1 000 t de farine par an à partir du 3e trimestre 2018.

Innovafeed qui a lancé sa production industrielle en 2017 travaille sur la protéine d’insectes essentiellement destinée à la pisciculture et dans une moindre mesure aux animaux de compagnie. L’utilisation de farine d’insectes dans l’élevage de poissons est autorisée au niveau européen depuis juillet 2017. Tout l’enjeu pour l’entreprise est de pouvoir assurer la continuité de l’approvisionnement, ainsi que les volumes.

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Partenariat avec Auchan

La société a signé en octobre un accord de partenariat avec Auchan, visant à commercialiser dans les rayons de l’enseigne des truites et des saumons nourris avec les protéines d’insectes InnovaFeed (Agra Alimentation du 16 novembre 2017). Les premières truites nourries avec des farines d’insectes devaient être commercialisées dans quelques magasins pilotes début 2018. "Aujourd’hui, nous nous sommes engagés avec Auchan sur la truite et le saumon. À terme, il est prévu d’étendre ces développements à d’autres espèces de poissons et avec d’autres enseignes, avant ensuite d’attaquer l’Europe", explique Maye Walraven. Cette dernière précise également que des discussions commerciales sont en cours avec plusieurs spécialistes du pet food.

Comme tous ses concurrents, Innovafeed suit de près l’évolution de la législation européenne sur l’utilisation des farines d’insectes, dont l’utilisation dans la nutrition des porcs et des volailles n’est toujours pas permise. La société rappelle qu' "avec un déficit de protéines de qualité qui se creuse au niveau mondial (60 millions de tonnes d’ici 2030), la production de protéine sera l’un des enjeux clés des décennies à venir". Innovafeed ne donne pas ses objectifs de chiffre d’affaires, mais indique que la taille du marché à l’horizon 2030 devrait atteindre 30 milliards d’euros.