Abonné

Grandes cultures Innover pour que le blé français reste compétitif sur un marché volatil

- - 3 min

Lors du colloque sur le blé tendre organisé par Arvalis le 16 mars à Paris sur le thème « Améliorer les performances et gérer les variabilités », les intervenants ont analysé les atouts et contraintes des productions de blé en France. Entre les perspectives de débouchés et la gestion des risques économiques au niveau des exploitations, les intervenants ont fait le point sur un marché en mutation.

«Une forte volatilité des prix agricoles nécessite, entre les hausses de début de campagne et le repli soudain des cours cette semaine suite au ralentissement brutal de l’économie japonaise, de produire davantage », a déclaré Pierre-Olivier Drège, directeur général de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé). Selon lui, il est nécessaire d’accroître les capacités de stockage pour mieux réguler les marchés des céréales et pouvoir répondre aux demandes à l’export. Ceci nécessitera une remise en cause de la Politique agricole commune (Pac), dont Pierre-Olivier Drège qualifie la période 1992/2010 de « décroissante ».

Une cassure dans les gains en rendement sur blé depuis 1995

« De 1980 à 1995, les gains de rendements moyens en blé tendre étaient de 1 à 1,2q/ha/an, puis nuls de 1995 à 2010 », a indiqué le directeur général de l’AGPB. D’après lui, le rendement moyen en blé tendre est de 71,4q/ha depuis 1995 en France. Si les rendements avaient continué à progresser au même rythme, sans contraintes de production, la moyenne serait aujourd’hui de 83,3q/ha, selon l’AGPB. Pour son directeur général, « la régulation passe par l’application, adaptée au marché européen, des règles de la CFTC américaine (Commodity Futures Trading Commission), mais aussi par une production régulière de matières premières agricoles de qualité ». La nouvelle Pac 2011/2020 devra permettre de produire plus afin de répondre aux besoins exprimés à l’export. Pour cela, l’AGPB souhaite que soit mis en place « le plan silos », avec une hausse de 5Mt des capacités de stockage en France, et que des investissements dans les biotechnologies au sujet du blé tendre soient réalisés.

Les risques économiques augmentent sur les exploitations

« Face à un marché du blé fluctuant et concurrentiel, le risque économique des exploitations agricoles augmente », a expliqué Valérie Leveau du service économique d’Arvalis. Selon elle, « une variation de 10% du chiffre d’affaires (CA) peut faire évoluer de 40% à la hausse ou à la baisse le revenu disponible d’une exploitation agricole ». Les résultats montrent que 30% des exploitations françaises en grandes cultures ou polycultures élevage sont concernées par cette relation et que 45% d’entre elles connaîtraient des fluctuations de plus de 40% du disponible pour une variation de 10% de leur chiffre d’affaires. « La hausse tendancielle des coûts de production, faisant monter les prix d’intérêts, rend les exploitations plus sensibles au prix de marché », conclut Valérie Leveau. Afin de remédier à cette sensibilité, elle a d’ailleurs préconisé l’adaptation des rendements aux coûts de production, l’octroi d’aides publiques permettant de garantir un revenu aux agriculteurs, l’utilisation des outils d’aide à la décision et l’accès aux innovations telles que les biotechnologies.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

blé tendre
Suivi
Suivre
céréales
Suivi
Suivre