Abonné

Coopérative Intégrer les débouchés pour faire face à la concurrence internationale

- - 3 min

Après l’assemblée générale de la coopérative EMC2, le 15 décembre à Verdun, son président Philippe Mangin et l’économiste de l’Inra Vincent Chatellier ont évoqué les stratégies à adopter pour que les activités agricoles françaises résistent à la volatilité et à la concurrence internationale.

«Il est essentiel de partager les risques de cette économie agricole tumultueuse », a déclaré le président de la coopérative EMC2, Philippe Mangin, lors de son assemblée générale le 15 décembre à Verdun. Auparavant, René Bartoli, directeur général du groupe, a commenté les chiffres de la campagne 2009/2010. Si le cap du million de tonnes de céréales collectées a été franchi par la coopérative, la chute des cours début 2009 n’a pas permis de compenser les revenus. Cependant, Philippe Mangin a expliqué que la coopérative a fixé cette année le prix d’acompte au 15 octobre pour ensuite le compléter de manière significative fin 2010. La coopérative, qui compte près de 80% d’éleveurs, dont des laitiers souffrant de prix bas, a remarqué une baisse des revenus et des trésoreries limitant les investissements sur la campagne 2009/2010. Cependant, le chiffre d’affaires (CA) des activités d’approvisionnement de la coopérative s’élève à 88,7M€, avec une progression de l’activité élevage, Alotis, à 42,7M€. Au final, le groupe termine l’exercice 2009/2010 avec un CA de 367M€ et un résultat de 8,5M€. Pour la première fois les capitaux propres du groupe passent la barre des 100M€. Enfin, l’entrée d’EMC2 au capital de Capeval, coopérative de collecte d’animaux située à Reims, dont Champagne Céréales est aussi actionnaire, devrait permettre des synergies avec Alotis afin d’atteindre une taille critique au bénéfice des adhérents.

Des intégrations et des synergies pour faire face au marché

Lors de cette réunion annuelle, une table ronde a été organisée avec la participation de Vincent Chatellier, économiste ingénieur de recherche à l’Inra, sur le thème des marchés agricoles, de la volatilité des prix et de l’avenir de la PAC. Faisant d’abord remarquer la robustesse à long terme des systèmes de polyculture-élevage en France, Vincent Chatellier a ensuite salué l’intégration des débouchés par les coopératives du nord-est, au travers notamment de leur actionnariat au sein des filiales du groupe agro-industriel Siclaé. « Un modèle qui fonctionne » selon l’économiste. Pour Vincent Chatellier, « la France, dont les exportations de blé tendre ont tendance à stagner depuis dix à quinze ans, doit être capable de se différencier sur les qualités offertes au marché, et de passer des contrats pluriannuels avec ses clients ». De plus, selon lui, « la hausse constante des cours du pétrole, en raison de sa raréfaction et d’une demande mondiale croissante, va faire monter les prix du fret. La France aura alors un rôle à jouer sur les marchés nord-africains, surtout si la qualité produite répond aux attentes de ces débouchés traditionnels ». En ce qui concerne les productions animales, Vincent Chatellier estime que les importations de viandes du Mercosur, ainsi que les exportations intracommunautaires françaises, se stabilisent, et donc, que la situation ne peut que s’améliorer. Il souligne encore une fois l’importance de la valorisation des productions en expliquant que l’Europe détient 50% du marché mondial des fromages grâce à un tissu de transformateurs bien développé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre
concurrence
Suivi
Suivre