La France doit avoir transmis le 31 décembre à la Commission européenne sa décision d’intégrer ou non l’agriculture dans la mécanique de Kyoto, c’est-à-dire d’associer ce secteur de l’économie aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (Ges), a-t-on appris le 15 novembre au « rendez-vous climat », organisé à Paris par la Mission interministérielle de l’effet de serre (Mies) et le ministère de l’Écologie.
Pour l’instant la décision n’est pas prise. Le ministère de l’Agriculture est au centre de la discussion. La Commission transmettra ensuite la réponse à la Convention Climat, à Bonn (Allemagne), qui héberge le Protocole de Kyoto. Le Royaume-Uni, l’Italie et le Canada s’apprêteraient à faire entrer leurs secteurs agricoles respectifs dans le système, ressort-il des discussions informelles, a-t-on évoqué à la Mies.
La voie des projets domestiques
Si l’agriculture entre dans le dispositif, elle gagnera de l’argent à l’absorption de Ges et en perdra à l’émission. Pour que l’agriculture gagne davantage, il faut un système incitatif. Christian de Perthuis, chargé de la mission « climat » à la Caisse des dépôts et consignations, propose pour l’agriculture la voie dite des projets domestiques.
Pour l’instant, les dispositifs de réduction des émissions de Ges ne sont appliqués qu’aux industriels qui ont une capacité énergétique supérieure à 20 mégawatts. Il s’agit de verriers, de cimentiers, de chimistes, de métallurgistes, d’installations de chauffage urbain, qui mettent au point des systèmes d’économies d’énergie ou remplacent le fioul par de la biomasse, par exemple. Olivier Luneau, du cimentier Lafarge, a cité le cas de son groupe qui a investi au Maroc dans la première cimenterie du monde alimentée pour moitié par l’électricité d’éoliennes, ce qui lui rapporte 28 000 tonnes par an de crédits de CO2. Sachant que le cours de la tonne de CO2 évitée est supérieur à 10 euros, le bénéfice de l’opération est incitatif.
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Mais pour l’instant, une installation de chauffage urbain d’une capacité de moins de 20 mégawatts ne peut valoriser ses efforts. Pas plus que l’éleveur qui collecte le méthane des déjections animales. L’idée est de faire participer les acteurs de petites tailles.
Avec les projets domestiques, il s’agit de donner « la possibilité à des acteurs volontaires et innovants, de valoriser financièrement leurs efforts » de réduction d’émissions, a indiqué Christian de Perthuis. Quatre programmes de ce type existent avec récupération du méthane dans des porcheries en Amérique latine, a-t-il cité.