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Production bovine Interbev : les accords du 10 novembre, classés sans suite ?

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Les éleveurs de bovins viande sont prêts à revenir sur le terrain car ils ne voient pas d’évolution à la suite des accords du 10 novembre au sein de l’interprofession. Le manque de communication avec le groupe Bigard et la lenteur des dossiers ravivent les tensions.

Les éleveurs, tous syndicats confondus, remettent la pression, un mois après les accords interprofessionnels du 10 novembre. A la suite de près de 5 jours de blocage des abattoirs du groupe Bigard, « leader européen de la viande bovine », un ensemble d’accords avait été conclu au sein d’Interbev. Modification du cahier des charges de la restauration collective afin de privilégier les circuits courts (marché de 350 000t/an), modification de la réglementation, notamment sanitaire, sur les marchés d’export afin de faciliter les échanges sur des catégories mal valorisées en France, généralisation de la machine à classer les carcasses dans les abattoirs avant le 1er janvier 2011, fin de l’indexation du cours de la viande bovine de race allaitante sur celui de la vache laitière de réforme, projet de contrat-type de contractualisation dans lequel figurera un ensemble d’indicateurs de tendance de marché et de coûts de production…, la liste est longue. Seulement, un mois après, Karel Lesaffre, président des Jeunes agriculteurs de la région Nord, déclare : « On ne sait pas ce que cela devient ». Un communiqué de presse du 14 décembre des JA de la région Nord résume la situation : « Que fait l’interprofession viande ? À quand des avancées vers la contractualisation ? À quand un vrai engagement des distributeurs et de la restauration hors domicile ? »

De nouvelles mobilisations des éleveurs
Pour Gérard Bourcier, président de la Fédération régionale porcine des Pays-de-Loire, « Bigard ne remplit pas son rôle dans ce qui a été négocié ». Pour lui, la hausse de 0,02€/kg carcasse en vache de réforme laitière et de 0,05€ en vache allaitante, mise en place à la suite de l’accord entre la Fédération nationale bovine et le groupe Bigard, « n’est pas suivi d’effet ». Il avait pour but, selon Karel Lesaffre, de « retrouver un écart significatif » entre les deux productions, sachant que « l’une est un sous-produit (filière lait) et l’autre une production principale ». Seulement depuis l’accord, le cours de la vache a baissé, à l’inverse de ceux des jeunes bovins dont la demande soutient les prix. Karel Lesaffre a avoué une mobilisation massive des éleveurs prévue sur le centre de transformation de Flixecourt, du groupe Bigard, le 16 décembre. « Mais les conditions météo l’ont rendu impossible », précise-t-il. Le but était d’aller vérifier l’avancée du dossier « machine à classer ». Les dossiers indexation des carcasses, exportations ou restauration collective, quant à eux, avancent lentement d’après Guy Hermouët, interviewé sur le sujet deux semaines plutôt.

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