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Etiquetage Interbev s’oppose à l’étiquetage spécifique aux abattages rituels

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Lors d’une table ronde organisée par la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 9 octobre, Interbev (interprofession bétail et viandes) a exprimé son opposition « totale » à un étiquetage du mode d’abattage.

«Mentionner l’abattage rituel n’apporterait aucune information pertinente, ni sur l’état sanitaire ni sur la qualité de la viande : c’est négatif car c’est stigmatisant et ça risque de faire fuir le consommateur », a déclaré Dominique Langlois, président d’Interbev (interprofession bétail et viandes) à la sortie d’une table ronde sur les abattoirs organisée par la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 9 octobre. Le même jour, une mission du Sénat rendait officiellement un rapport sur la filière viande à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Une des conclusions préconise « l’étiquetage obligatoire des modes d’abattage, selon des modalités non stigmatisantes, et le renforcement des contrôles en matière de bien-être animal à l’abattoir ». Une proposition à laquelle Dominique Langlois se dit « totalement opposé», précisément pour les risques de « stigmatisation » que cela pourrait entraîner. « La question de l’étiquetage n’est qu’une façade, l’idée derrière est de supprimer les possibilités de dérogation prévues pour les abattages rituels », explique-t-il. Ces dérogations à la loi européenne sur les abattages autorisent à ne pas étourdir les animaux avant l’abattage, ce qui confère le caractère religieux (halal et casher) à l’acte d’abattage. Mais des abattages rituels peuvent donner lieu, pour des raisons de rationalité industrielle, à des produits vendus dans des filières non rituelles. De son côté, Philippe Dumas, vice-président de Coop de France Rhône-Alpes, raconte : « Quand on rentre un bovin dans les abattoirs, ça fait des tas de pièces différentes à vendre. On peut aller chercher quelques pièces particulières » correspondant aux modes de consommation des uns et des autres « afin d’éviter le gaspillage ». Etiqueter le mode d’abattage reviendrait à « perdre certains morceaux dans le halal ou le casher qui ne sont pas consommés par les communautés concernées». Face aux opposants de l’étiquetage, certains députés ont fait valoir la nécessité « d’informer le consommateur qui doit savoir ce qu’il achète ».
L’effet boule de neige de la suppression des dérogations, c’est la disparition de l’abattage rituel en France et la fermeture de marchés en plein développement sur le pourtour méditerranéen et du Moyen-Orient. « La demande ne cesse d’augmenter », explique Dominique Langlois. « Aller vers l’étiquetage spécifique, (…), c’est se couper de 80 à 90% du marché à l’export », conclut-il.

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