Trop, c’est trop. Ayant le sentiment de s’être fait flouer dans les débats parlementaires sur le projet de loi sur les États généraux de l’alimentation, le président d’Interfel refuse de se rendre au ministère pour discuter de la mise en œuvre du plan de filière fruits et légumes.
« Nous arrêtons toute communication avec le ministère de l’Agriculture sur les EGA », a prévenu le président d’Interfel Bruno Dupont dans une conférence de presse le 19 juin à l’issue de l’assemblée générale de l’interprofession. Convoquée lundi 25 juin à un point d’étape au ministère concernant les plans de filière, l’interprofession a refusé de s’y rendre. Une manière de marquer son « incompréhension face au décalage entre les sollicitations et les décisions des pouvoirs publics et les engagements de la filière », a-t-elle résumé dans un communiqué de presse diffusé à l’issue de l’événement, qui s’est tenue dans les locaux encore vide de la toute nouvelle Maison des fruits et légumes située boulevard Pereire à Paris.
Manque d’écoute et de moyens
« Toutes nos propositions à l’Assemblée ont été rejetées », précise Bruno Dupont, donnant notamment en exemple les propositions faites sur pour une « contractualisation opérationnelle » des fruits et légumes frais, le développement de signes officiels de qualités ou encore la possibilité pour les diététiciens d’Interfel d’intervenir dans les écoles. « On a le sentiment d’avoir été floués comme acteur des produits frais », précise-t-il, dénonçant du même coup l’impossibilité d’être reçu par le ministre Stéphane Travert malgré des demandes de rendez-vous répété.
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Interfel dénonce également l’absence de réponse sur la nécessité pour l’État de mettre des ressources supplémentaires pour financer les objectifs en bio dans la restauration collective ou la suppression des fonds Casdar alloués au CTIFL. Sur ce dernier point, avec un budget de 20 millions d’euros affectés à la recherche pour les alternatives aux pesticides, « l’objectif de diviser par deux l’utilisation des produits phyto d’ici 2022 sera infaisable », juge Laurent Grandin, le vice-président d’Interfel. « Nous n’avons pas de contacts avec la directrice de cabinet, pas de numéros, alors que les ministères de tutelles sont là pour faire le relais », rajoute Bruno Dupont alors qu’Interfel a dépensé près d’un demi-million d’euros l’année dernière pour la préparation des EGA. « C’est Emmanuel Macron qui a demandé aux interprofessions de rédiger leurs plans de filières. Il est fou que le ministre de l’Agriculture refuse de recevoir les interprofessions agricoles », s’est-il étonné alors que certaines filières fruits et légumes entendent « s’inspirer » de la mobilisation de la FNSEA contre les huiles végétales pour être reçues par le ministre.
« Nous n’avons pas de contacts avec la directrice de cabinet, pas de numéros, alors que les ministères de tutelles sont là pour faire le relais »