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Stratégie Interfel : « Les fruits et légumes doivent autant peser que le blé »

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Le nouveau président de l’interprofession des fruits et légumes frais entend rendre ses lettres de noblesse au secteur : « Face aux produits phares que sont la viande et la blé, c’est à nous de prendre notre place », a déclaré le 31 mai Bruno Dupont.

Pas de temps à perdre. À peine élu à la tête d’Interfel, Bruno Dupont donne le ton : « des évolutions sont incontournables », a-t-il déclaré le 31 mai à l’occasion d’une conférence de presse dans les locaux de l’interprofession à Paris. En interne, « il faudra changer des choses», faisant référence à l’instabilité engendrée par la démission de son prédécesseur Gilles Vignaud, le 18 avril. « Je vais rencontrer les salariés, des étapes sont à respecter : je veux que l’interprofession retrouve sa cohésion ». Un paramètre indispensable, selon le Saumurois, pour que le secteur pèse à nouveau à l’extérieur. « Nous devons arriver au même dynamisme que la viande et le blé. Il est vrai que ces produits phares pèsent plus que nous. On l’a vu notamment avec l’accord européen de libre-échange conclu avec le Maroc – un accord à leur avantage. Pour obtenir le même traitement, il faut être cohérent, prendre notre place, et alors nous pèserons autant ».

Plaider pour une meilleure gestion des crises

C’est ce « visage nouveau » que Bruno Dupont entend afficher prochainement face au ministre de l’Agriculture – « mon voisin de terre ! Il est du Mans, je suis de Saumur. Je le connais bien »–  : « J’ai sollicité un entretien. Plusieurs dossiers sont à défendre ». Parmi ceux là, faire valoir l’interprofession. « De la production jusqu’au commerce, ça n’est pas une puissance à négliger, en particulier dans le cadre de la répartition des aides – même si nous savons que l’argent public est à optimiser au maximum. Mais pour ce faire, nous avons aussi des idées ». Bruno Dupont estime notamment que la crise provoquée par l’E.Coli survenue en mai 2011 a été « très mal menée par le ministre précédent. Dans notre secteur, il faut être hyper-réactif, ce ne fut pas le cas. Nous espérons une meilleure gestion des crises ». Les dossiers concernant le bassin euro-méditerranéen, le coût du travail, le droit de la concurrence et la situation des endiviers sont à plaider auprès du ministre, selon lui, autant que l’origine France qui « est à mettre en place de manière forte, tout en nous ouvrant à l’extérieur. C’est un dossier chaud. Il faut avoir une cohérence politique. Nous ne voulons plus être les boucs émissaires ».

« Tous les acteurs doivent pouvoir s’exprimer »

Parmi les autres défis à relever pour Interfel, Bruno Dupont a annoncé défendre l’ouverture des interprofessions : « Tous les acteurs, même ceux dits minoritaires, doivent pouvoir s’exprimer ». Le président de l’interprofession s’est même déclaré favorable à la réunion ministérielle proposée par la Confédération paysanne (voir notre brève). Il entend également plaider pour le développement des rencontres entre interprofessions. Bref, la mécanique Interfel qui jusque-là avait tendance à se gripper, montre une toute autre volonté. Mais son président aura-t-il le courage, l’énergie et le poids nécessaire pour soulever des montagnes ? : rassembler – du commerce à la production, à la grande distribution –, mettre fin aux conflits entre les fruits et les légumes... La difficulté pour lui va être d’abord de confirmer la cohérence du groupe, en (ré)conciliant ces contraires.

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