Intermarché s’est fait remarquer les semaines précédentes par des promotions à -70 % sur des produits alimentaires, faisant douter de son respect de l’esprit de la charte des États généraux de l’alimentation (EGA). Quelques jours plus tard, le groupe lance une nouvelle marque de lait avec un retour de 0,44 €/l au producteur, battant la fameuse démarche « C’est qui le patron ? ».
Intermarché a annoncé, le 6 février, le lancement de la brique de lait « Les éleveurs vous disent Merci ! », vendu à 0,88 €/l au consommateur avec un retour de 0,44 €/l au producteur. Dans un communiqué, Intermarché a expliqué que cette rémunération reviendra aux 136 producteurs, membres de l’organisation de producteurs (OP) de la laiterie Saint-Père (Loire Atlantique), une laiterie appartenant à Agromousquetaires, le pôle industrie agroalimentaire d’Intermarché. Le contrat établi avec les éleveurs se prolonge sur une durée de cinq ans.
Cette initiative vient en concurrence directe avec la démarche « C’est qui le patron ? », promue par Emmanuel Macron durant les États généraux de l’alimentation, dont le lait est vendu 0,99 €/l au consommateur avec un retour de 0,39 €/l au producteur. Le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! » est présent dans les rayons d’Intermarché depuis le 3 février, selon le groupe. « Grâce au travail en circuit court d’Agromousquetaires, la maîtrise de l’outil industriel permet de dégager une valeur maximale pour le monde agricole. Une organisation unique dans la grande distribution française », a souligné Intermarché. D’autres produits comme le beurre et la crème devraient bientôt arriver dans les magasins.
« Nous sommes dans l’esprit des EGA »
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Cette annonce vient trois jours après l’entretien de Thierry Cotillard, président d’Intermarché, accordé au Journal du Dimanche expliquant que « oui, les promotions à -70 %, nous sommes maintenant dans l’obligation de les arrêter ». Les semaines précédentes, Intermarché s’était fait remarquer par des promotions à -70 % sur des produits alimentaires dont le Nutella ou le café, parfois à l’origine de bousculades de consommateurs dans les supermarchés. Le ministre de l’Économie était alors intervenu.
Thierry Cotillard s’est justifié, expliquant que « concernant les promotions sur les produits agricoles et à forte composante agricole, nous sommes pleinement dans l’esprit des États généraux de l’alimentation, avec un plafonnement à 34 % ». Et de rajouter : « Concernant les produits non agricoles ou fortement transformés par les multinationales agroalimentaires, nous continuons à recevoir de leur part des propositions de campagnes de réductions de prix entre 30 et 50 % ». D’après lui, ces multinationales « doivent clarifier leur politique d’achat pour que l’on soit sûr que ce que l’on paie redescende effectivement dans la poche des agriculteurs ». Il continue : « Les transformateurs ne jouent pas encore le jeu et, en général, n’appliquent pas la transparence réclamée par la loi Sapin 2 ». Du côté des promotions, il déclare que « la compétitivité prix reste un impératif », d’où la demande d’un plafonnement des promotions uniquement sur « les produits alimentaires ayant un lien direct avec l’agriculture ».
D’autres produits comme le beurre et la crème devraient bientôt arriver dans les magasins