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Intermarché travaille les PME au corps

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Le Groupement des Mousquetaires, qui, lui, ne fait pas partie de la FCD, joue aussi son propre jeu à l’égard de ses fournisseurs PME. Sa stratégie, à vrai dire, présente deux faces bien distinctes. L’une prévoit de renforcer l’offre de produits alimentaires dans ses magasins en provenance des fournisseurs de taille PME. L’autre porte sur les industries qui appartiennent au groupe et auxquelles les Mousquetaires assignent pour objectif d’augmenter les ventes hors des enseignes du groupement.

Forte présence au salon des MDD qui se tenait à Paris ; portes ouvertes Pme du 29 mars au 3 avril ; nouvelle « charte Mousquetaires, partenaires des PME ». Le groupement propriétaire des enseignes Intermarché, Netto, etc. fait feu de tout bois, en 2010 pour, dit-il, favoriser le développement économique des PME (ou encore) favoriser les produits des PME auprès des consommateurs.
Intermarché proposait depuis 2005, la charte « Mousquetaires partenaires des PME », pour cadrer les relations avec ses fournisseurs alimentaires. Mais les attentes des patrons ont évolué depuis. De plus en plus ils souhaitent rentrer dans le circuit décisionnaire, au niveau local voire plus haut. « Sans moyens de pression, les PME recherchent une démarche de progrès dans la relation avec le distributeur », précise Jean-Pierre Barjon, p.-d.g. de Lorina et vice-président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF).

Les PME innovent toujours autant
Attentifs à leurs demandes, les Mousquetaires ont donc réalisé, entre le 17 février et le 1er mars 2010, une enquête auprès de 450 patrons de PME. Premier enseignement : leur goût de l’innovation reste intact, bien qu’ils soient affectés par la crise. 39 % d’entre eux disent qu’ils garderont dans les trois prochaines années le même train d’investissements qu’avant et 57 % affirment qu’ils investiront plus. Second enseignement : « La relation avec Intermarché est satisfaisante pour 87 % des PME », selon les Mousquetaires.
Par contre, l’enquête a mis au jour une insatisfaction en ce qui concerne l’aide au développement international, l’allongement du délai de référencement et l’amélioration des informations sur le marché, ou encore la livraison des entrepôts par les Pme. La charte PME 2010 d’Intermarché propose notamment d’adapter les contrats aux enjeux des très petites entreprises (TPE). « Souhaitant être référencés par les Mousquetaires, nous devons d’abord investir, mais nous ne le ferons qu’à la condition d’avoir de la visibilité, c’est à dire un contrat pluri-annuel », explique Elizabeth Quattrochi, patronne de la société Antésite (6 millions d’euros), spécialiste des sirops à base de réglisse à Voiron (Isère).

Fabriquer pour les autres enseignes
L’enjeu semble tout aussi important pour le Groupement des Mousquetaires. Plus de 90 % de ses marques propres et MDD sont fabriquées par des PME, ce qui correspond à 53 % de son CA. Dans ce total, le Groupement comptabilise les produits fabriqués par ses propres usines agroalimentaires. On l’oublie parfois, mais les Mousquetaires possèdent 60 unités de production partout en France dont la moitié en Bretagne qui réalisent, au total, 2,9 milliards d’euros de ventes, avec 9000 salariés. Près de 90 % de leur production (viandes, salaisons, sardines et légumes en boîtes, viennoiseries, etc.) garnissent les rayons d’Intermarché et de ses enseignes satellites.
A l’avenir, ce pourcentage devrait baisser. En effet, la direction des unités de production (DUP) annonce qu’elle investit sur une période pluri-annuelle près de 90 millions d’euros pour muscler ses capacités d’innovation et de production. Objectif ? Développer les ventes des unités de production hors du périmètre des Mousquetaires… c’est-à-dire chez les concurrents. Philippe Terrien, directeur de production (DUP) a d’ores-et-déjà assigné un objectif : 30 % contre 11 % actuellement. Ces unités bâties pour servir un grand client ne disposant pas de services commerciaux développés, c’est la DUP qui a nommé des commerciaux par pôles d’activité.
De bonne source, le pôle carné dispose de deux commerciaux, un pour les GMS France, l’autre à l’international. Pour développer leurs ventes chez les concurrents, les industriels des Mousquetaires privilégient la fourniture des MDD et du hard discount. En effet, leurs marques (Jean Rozé en viande, Monique Ranou en jambon LS, Capitaine Cook en sardines en boîte…) sont, décidément, trop marquées « Intermarché ».

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