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Légumes transformés/Résultats Internationalisation et restructuration, deux priorités pour Bonduelle

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Bonduelle entend accélérer son internationalisation. Ses ventes en France – qui ne représentent plus que 40 % de son chiffre d’affaires – ont en effet chuté de 5 % au cours du premier semestre de son exercice 2005-2006, alors que celles des Peco grimpent de 14 %. Au final sur cette période, le groupe nordiste enregistre un chiffre d’affaires quasi-stable à 547,7 millions d’euros. Bonduelle investit donc 6 millions d’euros pour accroître sa production à l’Est, et reste à l’affût d’une acquisition à l’Ouest. Et sur le Vieux Continent, le groupe poursuit la rationalisation de son parc industriel qui se traduit par la suppression de deux sites et de 200 emplois.

« Nous avons une très franche accélération de notre internationalisation ». A l’occasion de la présentation à la presse des résultats semestriels de son groupe, Christophe Bonduelle affiche clairement sa stratégie. Une orientation inévitable face au climat de « consommation difficile» de la zone euro. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec une régression de -5 % de ses ventes en France pour le premier semestre de son exercice, -8 % en Allemagne et -2 % dans la Péninsule ibérique, Bonduelle n’est pas à la fête. Seule l’Italie fait exception : le leader européen des légumes en conserves y voit ses facturations augmenter de 7 %. Ce marché devient ainsi le second du groupe, derrière la France, qui ne représente plus que 40 % de son activité. D’ailleurs, « notre ambition est de voir la France ne représenter plus qu’un tiers de notre chiffre d’affaires, sans bien sûr que notre activité n’y diminue » ne cache pas le dirigeant.

Investissement à l’Est...

Diluer le poids de la France dans l’international reste donc une priorité. Car si le chiffre d’affaires consolidé du premier semestre 2005-2006 de Bonduelle conserve une certaine stabilité, atteignant 547,7 millions d’euros contre 576,7 un an plus tôt (-0,15 %), c’est avant tout grâce à l’Est. Son activité dans les Peco a en effet atteint une progression de 14 % sur la période. « Aujourd’hui, la marque Bonduelle est aussi connue en Russie qu’en France », se réjouit Christophe Bonduelle. Son groupe entend bien tirer avantage de cet atout et annonce pour 2006 un investissement de 6 millions d’euros pour doubler les capacités de production de son site de Kuban.

... et acquisition à l’Ouest ?

Mais le groupe regarde également ailleurs. Le Brésil et les Etats-Unis, « des niches rentables » sont également l’objet des attentions de Bonduelle. « Nous sommes à l’affût d’opportunités » confie Chirstophe Bonduelle, qui précise « n’avoir jamais été aussi près d’une acquisition ». Même s’il n’a « rien promis pour 2006 ». Alors qu’il n’a pas réalisé d’opération de croissance externe depuis la reprise de l’allemand Vita en 2003, et que sa croissance interne stagne depuis 18 mois, le p.-d.g. du groupe nordiste a indiqué qu’il étudiait plusieurs dossiers en Europe, aux Amériques ou encore en Thaïlande. Vendus en appartements, les surgelés d’Heinz ou d’Unilever pourraient être à même de combler son appétit. Et selon certaines rumeurs, Bonduelle envisagerait de nouer un partenariat avec la société Carrière, l’un des plus importants transformateurs de légumes en conserves et surgelés au Canada, qui affiche près de 215 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nous avons une ambition mondiale », martèle Christophe Bonduelle, qui ne confirme pas ces informations. Avec un gearing de 1,14, le dirigeant considère « avoir la capacité d’endettement nécessaire » pour procéder à une acquisition, même s’il n’exclut pas « d’aller chercher des capitaux en Bourse».

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Un coût de restructuration de 4 millions

En attendant, sur le Vieux continent, Bonduelle poursuit la rationalisation de son parc industriel. Le groupe met en scène sa stratégie en la baptisant « David et Goliath », « ou comment dépenser moins et vendre plus », explique Pierre Deloffre, directeur général. Bonduelle engage en fait un plan d’amélioration de sa productivité, avec pour objectif d’obtenir un gain d’efficacité de 15 millions d’euros en 3 ans... pour un coût de restructuration de 4 millions par an. Une charge déjà intégrée à son activité 2005-2006, et qui pèse donc sur son résultat semestriel. Sur le terrain, le site de production de conserve Cassegrain à Flaucourt va fermer ses portes et son activité sera transférée à l’usine d’Estrée. Le site hongrois de Bekecscaba achève pour sa part son optimisation. Et en Allemagne le site de Wanzleben, spécialisé dans le frais, va également cesser son activité et transférer sa production vers celui de Reutlingen. Des mouvements qui passeront par la suppression de 200 emplois au sein du groupe.

Développer le snacking

Et pour « vendre plus » Bonduelle compte notamment sur la quatrième gamme, « un marché qui reste dynamique, avec une croissance de 9 % en volume et 5,5 % en valeur » selon Pierre Deloffre. Apparemment satisfait des perfomances de ses légumes en brique, vendus sous format Tetra Pack, le groupe continue de croire en ses soupes de légumes, et mise sur le snacking, « un projet à part entière » qui comprend notamment le développement de beignets de légumes qui seront testés cet été par Mc Donald’s.

Objectif : des résultats stables

A l’international comme sur ses marchés matures, autant d’efforts qui laissent espérer à l’éxécutif du groupe des résultats stables pour son exercice en cours. Le chiffre d’affaires de Bonduelle devrait ainsi atteindre 1,2 milliard d’euros. Son résultat opérationnel devrait être compris entre 67 et 70 millions d’euros. A mi-parcours, celui-ci atteint 30,7 millions, en progression de 3,4 % par rapport à 2004, grâce notamment à la vente du trimaran et du monocoque Bonduelle.