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Interprofessions : un rapport préconise une plus grande prise en compte des OP

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Mieux prendre en compte les organisations de producteurs dans les interprofessions : c’est ce que suggère entre autres un rapport du CGAAER diffusé le 25 avril sur le site du ministère de l’Agriculture. Ce rapport suggère aussi que les interprofessions, qui sont étudiées chacune de manière spécifique (1), soient davantage prises en compte dans la concertation pour définir la politique agricole (2).

« La mission recommande aux pouvoirs publics, dans les filières où existent des organisations de producteurs […], de permettre aux OP de jouer pleinement leur rôle au sein de l’interprofession ». C’est ce qu’indique la synthèse du rapport que vient de rendre public le CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux) sur les interprofessions. Ce rapport se garde de tirer une conclusion générale sur le rôle des interprofessions étudiées en raison de leur diversité. Mais il souligne que, pour les facteurs de réussite ou les causes d’obstacles, « le facteur humain » vient en premier lieu. Il rappelle le caractère moteur de personnalités fondatrices telles Marcel Bruel pour la viande, Jean-Michel Lemétayer pour le lait, Jean-Claude Sabin et Philippe Tillous Borde pour les oléoprotéagineux. « La qualité des hommes qui animent l’interprofession constitue un facteur clef de leur réussite », remarquent les auteurs du rapport.

Davantage consultées

Ceux-ci recommandent également aux pouvoirs publics « de donner plus de visibilité à la responsabilité des interprofessions en en faisant les acteurs privilégiés de la concertation ». Les auteurs du rapport remarquent en effet que, aujourd’hui, les pouvoirs publics consultent les organisations professionnelles (syndicats agricoles, fédérations professionnelles) séparément pour la conduite de la politique agricole et agroalimentaire. « Cette situation de concertation dispersée diminue le poids, la crédibilité et la responsabilité des OI (organisations interprofessionnelles) dans l’organisation des débats des filières et la définition de leur stratégie, remarquent les auteurs qui affirment, très nettement : « Le choix des OI comme interlocuteur privilégié devant procéder à des discussions ou des arbitrages en amont, est nécessaire. » Ce rôle plus important ne va cependant pas jusqu’à leur accorder des missions de contrôle actuellement dévolues à FranceAgriMer.

Plusieurs interprofessions par filière

Par ailleurs, sans trancher la question, le rapport s’interroge sur la pertinence de l’interdiction d’avoir plusieurs interprofessions par grande filière de production : « La question peut donc se poser de savoir si l’exigence française consistant à ne reconnaître qu’une OI par secteur (hors AOP) ne serait pas de nature à faire obstacle au dynamisme des initiatives interprofessionnelles. »

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Dans la foulée de cette interrogation, les rapporteurs posent la question des organisations de producteurs (OP) qui se sont développées récemment, notamment dans le domaine du lait. Si les OP sont présentes dans l’interprofession fruits et légumes, elles ne le sont pas dans l’interprofession laitière. Chez Interbev, les OP non commerciales sont représentées dans un collège commercialisation, avec les coopératives. Les auteurs suggèrent donc que, « lorsqu’elles existent, les OP soient représentées de manière appropriée dans les interprofessions ».

Rapport disponible sur internet : http://agriculture.gouv.fr/les-interprofessions

(1) : Figurent parmi les interprofessions les plus étudiées : Cniel (lait), Inaporc (porc) ; Interbev (bétail et viande) ; Terres Univia (huiles et protéines végétales), interprofessions fruits et légumes, interprofessions viticoles.
(2) : Les auteurs du rapport sont : Georges-Pierre Malpel, Jean-Louis Barjol, Sylvain Marty, Nicolas Petit, Yves Riou.

Des « smiley » dans un rapport ministériel

Pour simplifier et illustrer leurs comparaisons, les auteurs du rapport sur les interprofessions ont fait figurer des petites icônes, dites « smiley », souriant, neutres ou grimaçant, pour montrer la diversité des services et rôles assumés par les interprofessions. Ainsi, devant l’item « capacité à répondre à la crise », un smiley grimaçant se retrouve sous les interprofessions Cniel, Interbev et Inaporc ; un neutre sous l’interprofession Anivins et Inter’Oc-Interloire tandis qu’un smiley bien souriant se trouve sous Interfel et les interprofessions BNIC, CIVB, BIVB.