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Pac 2014-2020 Interrogations du négoce des grains sur le comportement des agriculteurs

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Les négociants de collecte de grains et de fourniture d’intrants s’interrogent, lors de leur congrès le 29 novembre, quant au comportement qu’auront les agriculteurs du fait de la Pac 2014-2020 qui se profile, avec plus d’aides pour l’élevage et moins pour les grandes cultures, à Paris. Sur les sujets plus immédiats, ils s’impatientent face à la façon dont les pouvoirs publics mettent en œuvre leur politique fiscale et phytosanitaire.

Avec la future Pac, les agriculteurs « vont-ils acheter moins d’intrants, changer d’assolement, augmenter ou réduire leur propre stockage ? », a interrogé Christophe Viger, président de la FNA, Fédération du négoce agricole de collecte-appro, dans son discours de clôture.
Autre sujet d’incertitude induit par la future Pac, celui de la question du verdissement avec l’obligation de rotation à trois cultures. « Comment ferons-nous dans les régions de monoculture? Je pense notamment à la culture de maïs en Alsace ou dans le Sud-Ouest ». La diversification des cultures nécessitera des installations nouvelles de stockage et des débouchés qui pour l’instant ne sont pas organisés, a-t-il expliqué, devant le député Dominique Potier (PS, Meurthe-et-Moselle), et responsable pour le groupe socialiste du projet de loi d’avenir pour l’agriculture.
 
Fiscalité et réglementation phytosanitaire : la forme a beaucoup d’importance
La fiscalité et la réglementation sont des sujets qui agacent les professionnels, certes par leur poids croissant, ont-ils dénoncé, mais aussi beaucoup par la façon dont elles sont mises en œuvre.
Premier grief, les négociants n’apprécient pas d’être chargés de collecter la taxe sur les phytosanitaires, qui rapporte 100 millions d’euros. Une irritation qui s’explique par l’alourdissement que cela représente pour les filières agricoles, puis en aval pour l’industrie de transformation des grains. Mais aussi parce que « l’État nous transforme en collecteurs d’impôts », comme l’a résumé Loïc Morisseau, négociant dans le Finistère, dans le face-à-face qui a été organisé avec Dominique Potier. « Ce n’est pas notre métier », a dénoncé Loïc Morisseau.
Second grief : la loi d’avenir vise, dans sa version actuelle, à obliger l’agriculteur à être conseillé avant d’acheter des phytos. La FNA estime que l’agriculteur est un professionnel « responsable et décisionnaire de ses choix ». « Les agriculteurs, en tant que professionnels et décisionnaires finaux, sont libres d’accepter » le conseil du distributeur agricole « et de recourir à un autre conseiller agréé ou de faire leurs propres choix seuls », a déclaré à ce sujet Christophe Viger. « Il conviendra d’amender le projet de loi actuellement en discussion », a précisé le président de la FNA. De fait, des amendements sont en train d’être déposés par la FNA, Coop de France, la FNSEA et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA).
 
Démarche volontaire de certification de conseil-distribution de fertilisants
Enfin, après un engagement fort dans l’identification du métier de « conseiller agronomique préconisateur » auprès de tous ses clients agriculteurs pour la protection des plantes, le négoce « propose aujourd’hui une nouvelle voie en initiant officiellement une démarche volontaire de certification de l’activité de conseil-distribution de fertilisants », a par ailleurs indiqué Christophe Viger.
Le prochain congrès de la FNA se tiendra le 21 novembre 2014 dans le cadre de celui de la Fédération du commerce agricole et agroalimentaire (FC2A), dont Christophe Viger est le président. La FC2A rassemble la FNA et la Fédération française des commerçants en bestiaux. Elle est ouverte à tous les négociants du secteur agricole : pomme de terre, vin.

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