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Interrogations sur la prolongation de l’aide au répit

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Dans une lettre adressée au président de la République le 27 février, la Confédération paysanne demandait « la reconduite du dispositif d’aide au répit, en poursuivant le partenariat avec la Caisse centrale de la MSA, et en le dotant des moyens financiers nécessaires ». Cette exigence intervient alors que la MSA a dévoilé la semaine dernière un premier bilan de ce dispositif mis en place fin 2016 et doté d’une enveloppe exceptionnelle de l’État de 4 millions d’euros. La caisse centrale de l’organisme a indiqué à la fin 2017 avoir dépassé les objectifs en engageant « 4 474 333 euros en faveur de près de 3 500 agriculteurs en situation de burn-out ou d’épuisement professionnel ».

Il a donné lieu à près de 27 980 jours de remplacement concernant notamment trois branches : élevage lait (40 %), élevage viande (27 %) et polyculture (12 %). Plus de 50 % des exploitants concernés ont bénéficié de 10 jours et 20 % de 8 jours. Quant à la manière dont ses remplacements ont été organisés, 65 % des bénéficiaires ont pris leurs jours de répit de manière consécutive, 35 % de manière fractionnée sur l’année. « Une grande partie de notre population avait juste besoin de se reposer », résume Anne-Lise Garandel, chargée de mission lutte contre la précarité et l’isolement à la MSA et rédactrice du rapport sur la mise en place du dispositif. « Le repos à domicile leur a notamment permis de renforcer les liens familiaux avec des loisirs et en passant du temps en famille, ce qui leur permet ensuite d’avoir une manière différente d’aborder leur travail », note-t-elle.

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L’aide au répit ne se limite d’ailleurs pas aux remplacements. « Le burn-out est bien souvent multifactoriel avec des facteurs financiers, géographiques, de crises liées à l’activité agricole… », rappelle Anne-Lise Garandel. Des procédures d’accompagnement et de soutien administratifs, psychologiques ou médicaux étaient ainsi disponibles, des aides à l’organisation du temps de travail également. Avec près de 92 % des bénéficiaires satisfaits, la MSA juge le bilan du dispositif « très positif ». Elle indique vouloir le reconduire pour l’année 2018 « mais sur fonds propre ». Avec le non-renouvellement de l’État, cela pourrait passer « par un redéploiement de son budget d’action sanitaire et sociale (ASS) » mais pour un montant qui ne sera « vraisemblablement pas 4 millions d’euros », indique Anne-Lise Garandel.

Avec près de 92 % des bénéficiaires satisfaits, la MSA juge le bilan du dispositif « très positif »