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Pommes de terre/réorganisation Intersnack veut consolider sa filiale Vico

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Vico entend sortir de sa situation demeurée difficile depuis son rachat, en 1998, par l’allemand Intersnack en adaptant sa stratégie industrielle pour mieux poursuivre sa politique commerciale notamment autour de sa marque. Son actionnaire envisage d’investir 14 M EUR pour pérenniser le site de Vic-sur-Aisne en concentrant son activité de fabrication, aujourd’hui multiple, sur la production de chips exclusivement.

Vico, premier producteur de chips en France, a annoncé lors d’un comité d’entreprise extraordinaire un projet de réorganisation et d’investissement sur son site de Vic-sur-Aisne : pour « consolider son développement sur ses principaux marchés » et améliorer ses performances, ce plan, qui entraînera la suppression de 111 emplois, consisterait à concentrer son activité industrielle sur la seule production de chips sur ce site tout en maintenant l’intégralité de son offre commerciale en France autour de la marque Vico : chips, purées, croûtons et snacks.

111 emplois seraient supprimés

Au comité d’entreprise du 15 septembre, la direction de la filiale de l’allemand Intersnack a annoncé l’intention du groupe actionnaire (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour un effectif de 3 800 personnes) d’engager un investissement de 14 millions d’euros en trois ans sur Vic-sur-Aisne, l’unique site que compte Intersnack en France.

Le groupe entend ainsi sauvegarder environ 250 emplois au sein de l’entreprise en France après une réduction des effectifs étalée sur trois ans de 111 emplois. Une analyse économique détaillée de la situation industrielle et commerciale de l’entreprise et de ses marchés a été remise au comité d’entreprise en même temps que les détails d’un projet de plan de sauvegarde de l’emploi et de revitalisation du bassin d’emploi.

Un plan plus radical qu’en 2003

Le projet présenté au comité d’entreprise témoigne, selon Nikita Droin, le directeur général de Vico SA, de « la volonté sans faille du groupe Intersnack de rendre l’entreprise viable et de pérenniser sa présence à Vic-sur-Aisne ». Si les réorganisations passées (notamment la suppression de 40 emplois en 2003 avec le transfert de 29 commerciaux dans un GIE commun avec la société Mont-Blanc), n’ont pas suffi pour que Vico retrouve une exploitation équilibrée, elles ont néanmoins contribué, selon l’entreprise, à réduire les déficits d’exploitation – qui restent cependant élevés – et à consolider l’attractivité globale de la marque Vico sur ses marchés.

La réorganisation de 2003 avait notamment entraîné une rationalisation indispensable du schéma industriel de l’usine de Vic, l’abandon des fabrications structurellement déficitaires et la réduction significative des coûts de commercialisation.

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Chips : une expertise à valoriser au niveau du groupe

La nouvelle étape envisagée aujourd’hui vise à donner à l’usine de Vic une dimension européenne puisque l’expertise en chips légères qui a été acquise sur ce site serait confortée au sein d’une nouvelle géographie des savoir-faire d’Intersnack en Europe de l’Ouest. Ainsi, l’ensemble du groupe allemand bénéficiera des compétences de sa filiale française en chips allégées et à l’ancienne sur lesquelles se fait l’essentiel de la croissance aujourd’hui.

Dans ce cadre, Vico, qui réalise un chiffre d’affaires de quelque 105 M EUR, dont les deux tiers avec des produits à marque, devrait enfin retrouver l’équilibre à l’horizon 2008 : en trois ans la compétitivité de l’activité industrielle viendra de ce recentrage sur les chips, sa principale production, qui représentent 70 % de ses volumes et qui constituent le cœur de métier de son actionnaire Intersnack. Le projet prévoit également de sous-traiter auprès d’un grand opérateur du nord de l’Europe l’activité de production de purée, aujourd’hui trop faible (5000 tonnes) dans la mesure où il n’existe pas de synergie industrielle dans ce domaine au sein du groupe, et de confier la production de croûtons (50 0000 t) à un autre site industriel du groupe allemand qui dispose d’une expertise boulangère forte.

Vers une certification IFS

Les investissements envisagés par Intersnack porteraient sur les superstructures de l’usine, la modernisation de locaux de production et la rénovation de trois lignes de production de chips, précise la société. Ces investissements faciliteront l’obtention d’une certification IFS (International Food Standard), une caractéristique indispensable pour produire notamment des MDD (marques de distributeur) qui représentent aujourd’hui 50 % du marché français des chips.

Le maintien à Vic puis le renforcement à terme de l’activité de production de chips permettront aussi de pérenniser les flux d’approvisionnement de l’usine en pommes de terre picardes. L’enjeu n’est pas négligeable puisque près de 130 producteurs de pommes de terre de la région travaillent pour l’entreprise qui, après avoir été autrefois une coopérative de transformation, avait été rachetée, en 1998, par le groupe Intersnack.