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Interstellar Lab développe ses solutions pour cultiver dans l’espace

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Le premier BioPod est installé en région parisienne. Crédits : © Interstellar Lab

  Interstellar Lab, créé par Barbara Belvisi, met au point des modules pour cultiver des végétaux de façon autonome afin d’obtenir des ingrédients utiles à la cosmétique, la pharmacie et la nutraceutique. La société collabore aussi avec la Nasa pour mettre au point des modules de production de végétaux utiles aux voyages spatiaux.

Si la production de végétaux en environnement contrôlé est déjà connue, Interstallar Lab a choisi de jouer sa propre partition. Comment ? En recréant un climat tropical constant (25 à 28° C et 90% d’humidité) au sein d’une unité appelée BioPod, afin de pouvoir cultiver certaines variétés sans avoir à prendre en compte l’environnement extérieur, et en se basant sur l’aéroponie, cette technique qui permet de faire grandir les plantes en pulvérisant des nutriments sur les racines. « Nous pouvons cultiver de la vanille comme à Madagascar, mais aussi des géraniums, qui peuvent produire certaines molécules lorsque nous les plaçons dans des conditions particulières », explique Barbara Belvisi, fondatrice d’Interstellar Lab.

En stressant ainsi de nombreuses plantes, il est possible d’obtenir les substances utiles à l’industrie pharmaceutique, cosmétique ou nutraceutique, de façon plus simple, plus rapidement et en quantités plus importantes qu’en employant les moyens conventionnels. Chaque BioPod fonctionne grâce à une source d’énergie, ne consomme presque pas d’eau et n’occupe aucune surface de terre cultivable.

Cette activité est le socle de développement d’Interstellar Lab. Le premier BioPod a été installé en septembre 2022 en banlieue parisienne, sous forme de pilote, et l’année 2023 s’annonce comme celle de la commercialisation. « Nous prévoyons d’installer 4 à 5 BioPod chez des clients en 2023 », annonce Barbara Belvisi. Mais les capacités de production vont devoir rapidement évoluer pour pouvoir produire bien plus de BioPod. « Nous allons construire une usine qui sera opérationnelle à la mi-2024, pour un investissement de 10 millions d’euros », poursuit la dirigeante. Pour mener à bien ce projet industriel, une levée de fonds de 10 millions d’euros est en cours, sachant que la société a déjà réalisé plusieurs opérations de financement pour un montant total de 8,2 millions d’euros. Et une nouvelle levée de fonds sera organisée au cours de l’année 2023 pour compléter le montant utile à la construction de l’usine.

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Interstellar Lab compte s’appuyer sur BPIfrance, les banques et ses investisseurs historiques ayant participé au dernier tour de financement, début 2022 : Urania Ventures, Auxxo, 7percent Ventures, Seldor Capital, E2MC et Kima Ventures. La société n’a pas réalisé de chiffre d’affaires significatif depuis son lancement en 2018, mais vise entre 1,5 et 2 millions d’euros pour 2023, puis 10 millions d’euros en 2024, grâce à la vente des BioPods et des programmes de recherche.

Participer aux prochains voyages spatiaux

Au-delà des BioPods destinés à fonctionner sur Terre, Interstellar Lab a débuté plusieurs collaborations visant trouver des solutions pour l’alimentation des astronautes. Ainsi la société a mis au point un dispositif appelé Nucleus sous la forme d’un ensemble de 9 modules, dont 6 sont capables de produire des plantes, des champignons et des insectes pour que les astronautes de la Nasa puissent accéder à des nutriments et lutter contre les carences alimentaires (en vitamines C, protéines et potassium). Une solution qui pourrait s’adapter à un séjour sur Mars, et qui a remporté, fin 2021, un concours de la Nasa. Quant au programme spatial habité de la Nasa Artemis, qui vise à organiser le retour sur la Lune d’astronautes, Interstellar Lab y participe en adaptant ses BioPod pour fonctionner sur la Lune.