Les discussions entre ministres de l’agriculture, à l’occasion de la rencontre informelle en Slovénie, ont bien montré une inversion des rôles : naguère, la Politique agricole commune cherchait à influer sur les marchés et les réalités économiques de l’Europe ; aujourd’hui, les ministres cherchent, au contraire, à adapter leur politique à la réalité des marchés mondiaux.
À cette inversion fait écho, d’une certaine manière, le futur profil de FranceAgriMer, la structure issue de la fusion des offices agricoles. Le terme d’office, avec son pouvoir régalien, mais aussi toute sa pesanteur historique, est abandonné. Place à un établissement qui, nous dit-on, mettra la priorité à l’information sur les marchés, à l’animation des filières et qui travaillera sans doute de plus en plus en collaboration avec les interprofessions.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans cet ensemble, et à l’heure des marchés rois, on se prend à rêver d’un nouvel office « turbo » en matière d’information et de veille économique. Une entité d’alerte sur les moindres opportunités de commerce, sur les tendances de consommation tant en France, en Europe que dans le monde. Un FranceAgriMer qui rivalise avec ce que les Anglo-Saxons font de mieux dans ce domaine ; qui oublie la dimension politique de la présentation des marchés au profit d’une analyse sans concession des forces et des faiblesses des produits de l’Hexagone.
Les Français, notamment en agriculture, ont souvent eu tendance à décrire le monde et les marchés tels qu’ils voudraient qu’ils soient plutôt que tels qu’ils sont. Là aussi il faut inverser l’équation. Si on y parvient, on ne regrettera pas trop d’avoir adapté la politique agricole à la réalité de l’économie.