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Viande/ Restructuration Investeam et Delpeyray en lice pour la reprise de Spanghero

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Scénario pour le moins inattendu, un nouveau candidat s’est présenté le 25 juin pour la reprise de la société de viande Spanghero, bousculée par le scandale de la viande de cheval et mise en liquidation judiciaire en avril dernier. Il s’agit de la société de gestion d’actifs Investeam qui assure Laurent Spanghero de son soutien dans son offre de reprise de la société qu’il a créée et s’ajoute à celles que déposeront les salariés et une alliance entre le groupe coopératif Maïsadour et la société familiale Deveille. Le tribunal examinera ces différents dossiers le 2 juillet prochain.

Le fondateur du groupe Spanghero a réussi la première étape pour reprendre le groupe qu’il avait fondé en 1970 avec son frère en trouvant un partenaire financier. Il s’agit d’Investeam, société créée en 2004 par Philippe Alter (ex-HSBC) rejoints par d’anciens professionnels et qui commercialise en France des fonds de gestion d’actifs auprès d’investisseurs institutionnels, les mutualisant pour donner à des PME accès au marché obligataire auquel elles ne pourraient prétendre. Investeam a décidé de s’associer au projet de Laurent Spanghero « car nous jugeons son projet industriel de long terme sérieux et solide », nous explique Didier Jug (lui aussi ancien HSBC) l’un des dirigeants. « Nous disposons de moyens suffisants pour assurer une reprise, mais nous en réservons le détail au tribunal. Sur le plan social, notre projet se situe à des niveaux plus que satisfaisants, même si nous ne pourrons sauver la totalité des 245 emplois », explique-t-il. Reconnaissant ne pas être un industriel rompu à ce secteur d’activité, il estime qu’Investeam « peut se reposer sur la légitimité de Laurent Spanghero, et apporter des idées précises sur le plan industriel, le maintien de l’activité existante et des projets d’innovation dès la reprise obtenue ». Un autre objectif d’Investeam « sera de revoir tous les aspects de la gouvernance de l’ancienne société et en s’attachant à garantir la totale qualité des produits ». Pour l’instant, un changement de nom « est un détail » et la société n’exclut pas de le conserver. Didier Jug estime aussi que ce projet « collectif qui va associer des compétences tout-à-fait exceptionnelles, notamment en matière financière, aura le soutien des salariés ».

Faire du cassoulet de Castelanaudary, pour Delpeyrat

Les salariés font pourtant partie intégrante de l’offre concurrente que va soumettre le spécialiste du canard et du foie gras, Delpeyrat avec la société familiale Deveille, basée à Feurs dans la Loire, spécialiste dans l'abattage à ses débuts, ayant évolué vers l'industralisation du produit viande au travers du désossage, de l'emballage sous vide et du conditionnement. Il s’agit en fait de la présentation d’une offre initialement proposée séparément et que les trois groupes ont améliorée, avec l’appui du ministère de l’Agroalimentaire. Delpeyrat reprendrait l’activité des plats cuisinés en direct, tandis que Deveille et les salariés (qui créeraient une Scop( se réuniraient au sein d’une société nouvelle, nous précise Thierry Blandinières, président du groupe landais.
« Delpeyrat, qui ne possède à ce jour que d’une petite unité de production de 12 000 tonnes de plats cuisinés, se doterait d’un outil ayant une véritable puissance industrielle. L’objectif est d’utiliser la marque Delpeyrat pour faire un levier en termes de notoriété pour le cassoulet de Castelnaudary, comme nous l’avons fait pour le jambon de Bayonne », explique-t-il. Il estime à 2 millions d’euros les investissements nécessaires pour moderniser l’outil et à 1,5 million pour subvenir aux besoins en fonds de roulement. La société Deveille devrait de son côte injecter 1 million d’euros pour l’outil d’abattage vers lequel elle pourrait réorienter une partie des viandes qu’elle ne peut travailler dans ses propres ateliers. Delpeyrat voit dans cette acquisition le moyen également de valoriser les manchons et autres sous-produits des canards non utilisés dans les foie gras ou confits. Thierry Blandinières ne cache pas « qu’il faudra également tout remettre à plat dans le management et les normes de qualité ». Sa société est prête à investir dans la rénovation de l’outil et les besoins du fonds de roulement, mais attend un abandon de créances de la part des banquiers (principalement OSEO-bpifrance) pour le crédit-bail. Il en fait une clause suspensive. Pour le reste, il estime avoir la puissance financière suffisante pour relancer l’affaire. Concernant les emplois, il précise que le plan social sera négocié avec l’entreprise Lur Berri. Les employés auront alors la possibilité d’investir, ou non, leurs indemnités dans la Scop. Concernant les deux projets en concurrence, ils devraient bénéficier des aides promises par la Région qui ne seront pas remises en cause.

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