InVivo a présenté ses comptes pour 2016/2017, un exercice pivot aux dires des dirigeants qui restent confiants sur les perspectives de développement du groupe à moyen terme sur ses quatre piliers d’activité. La croissance externe constitue un axe stratégique important.
InVivo vient d’annoncer les résultats de son exercice 2016/2017 (clos le 30 juin). "Cet exercice n’est pas significatif parce qu’il n’intègre pas notre croissance externe, mais supporte les pertes dans les céréales au niveau de l’activité trading", a souligné le directeur général Thierry Blandinières. De fait, dans un contexte marqué par une conjoncture céréalière très défavorable notamment en France, InVivo a réalisé en 2016/2017, un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros (contre 6,4 Mrd€ en 2015/2016) et un Ebitda net de ristournes de 133 millions d’euros, en hausse de 15 %.
"Il faut voir d’où nous venons et où nous allons, a rappelé Thierry Blandinières. Depuis 2014, année de l’annonce du plan “2025 by InVivo”, le modèle économique du groupe a fondamentalement changé avec la mise en place de ses quatre piliers, l’agriculture, la nutrition et la santé animale, la distribution grand public et le vin. Nous avons réussi la structuration de ces quatre jalons, maintenant il faut accélérer ". A périmètre constant, le directeur général du groupe anticipe à l’horizon 2020 "un Ebitda consolidé de 230 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 6,5 milliards d’euros". A l’horizon 2020, le chiffre d’affaires d’InVivo devrait se répartir à 2,2 milliards d’euros chez Neovia, 500 millions dans chacune des branches vins et phyto, et enfin 1,2 milliard dans le retail.
Une politique qui porte ses fruits
Sur son métier historique du grain, en 2016/2017, compte tenu de la baisse des volumes traités, InVivo Trading a vu son chiffre d’affaires fondre à 1,6 milliard, contre 2,3 milliards d’euros en 2015/2016. Cette contre-performance confirme la volonté du groupe de revoir son modèle économique, avec notamment la création de la plateforme export digitale InGrains.
En nutrition animale, Neovia qui compte parmi les leaders mondiaux de son secteur, a conforté ses positions au cours de l’exercice écoulé, réalisant pas moins de six acquisitions.
"Sur les 5 à 6 dernières années, Neovia a multiplié par deux son Ebitda grâce à sa nouvelle stratégie visant à monter en gamme pour plus de valeur ajoutée", a commenté Thierry Blandinières. Une politique d’acquisitions que le groupe peut mener grâce à "l’ouverture de son capital qui lui a permis, avec la dette, d’avoir 400 millions d’euros à investir", selon ce dernier. A noter que l’entrée majoritaire au capital du chinois Sanpo finalisée en octobre (qui comptera donc pour l’exercice en cours) permet à Neovia de compter parmi les 15 premiers groupes mondiaux du marché du pet food. Et le 20 décembre, Neovia a annoncé "le rachat de 100 % d’Epicore, une société nord-américaine spécialisée dans la fabrication d’aliments larvaires et de probiotiques sur le marché mondial aquacole et plus précisément de la crevette". De quoi lui donner les moyens de peser véritablement sur le marché mondial en aquaculture.
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Dans le métier du vin, la division InVivo Wine qui était partie de zéro, a franchi un cap important cette année avec le rachat de Baarsma Wine, leader néerlandais de la distribution de vin en Europe et la reprise en cours des réseaux Asie et Etats-Unis de Vinadeis, qui posera les fondations d’InVivo America. "L’objectif aujourd’hui est de trouver une opération de croissance externe aux Etats-Unis ", a confirmé Bertrand Girard, le directeur général de cette division, visant à devenir incontournable dans la distribution mondiale de vin. La politique de croissance externe du groupe vise donc les principaux pays consommateurs de vin. En 2017/2018, InVivo Wine devrait afficher un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros, avant d’atteindre son objectif de 500 millions à l’horizon 2020.
Le pôle Retail va quant à lui changer de dimension avec le rachat programmé de Jardiland. L’opération finalisée en novembre, est encore soumise au feu vert de l’autorité de la concurrence qui devrait donner sa réponse "au mieux en juillet 2018, au pire en décembre", selon Thierry Blandinières. Une opération qui a largement occupé les équipes, et explique le retard pris dans le plan d’ouverture des magasins Frais d’Ici annoncé début d’année. Mais le groupe compte poursuivre ses implantations de magasins d’alimentation sur le territoire, en les accolant à des magasins existants sous enseignes Gamm Vert, et pourquoi pas maintenant des Jardiland, dont le nombre total "constitue un vrai point fort", a d’ailleurs souligné Jean-Pierre Dassieu, le directeur général d’InVivo Retail. À noter que l’expérience de restauration sur place proposée dans le Frais d’Ici de Dijon depuis la mi-novembre, "rencontre un très bon accueil", selon ce dernier. Quant à distribuer les produits Frais d’Ici via internet pour pénétrer chez les consommateurs dans les grandes villes, le projet se heurte au coût du dernier kilomètre, qui constitue pour le moment un vrai frein.
Foodtech
InVivo publie un livre blanc de l’innovation
À l’occasion de la finale d’InVivo Quest, son concours d’innovation rassemblant étudiants, start-up, salariés du groupe, qui s’est déroulé durant neuf mois dans cinq villes françaises, le groupe coopératif InVivo a présenté, le 12 novembre à Paris, un livre blanc dressant cinq constats et pistes d’amélioration pour l’innovation dans les filières alimentaires françaises.
InVivo constate d’abord que les acteurs ne se connaissent pas assez dans les territoires et identifie un besoin de les fédérer. Il constate également un manque de financement au stade de démarrage (création de prototypes) et un manque de programmes d’accélération dédiés à la filière alimentaire. InVivo identifie également un besoin « d’acculturer les grands groupes aux enjeux start-up » et d’accompagner ces start-up à l’international.