Le groupe coopératif InVivo a vu son bénéfice net augmenter de 35 % sur 2017-18 et vise une croissance de sa rentabilité d’ici à 2025, sur fond de léger recul du chiffre d’affaires dû à un « effet conjoncturel ». Il se dit « en avance » sur les projections du business plan.
Le bénéfice net d’InVivo s’est établi à 46 M€ contre 34 M€ l’an dernier, tandis que l’Ebitda atteint 163,2 M€ (+22 %) après distribution de 95 M€ de ristournes aux coopératives adhérentes, a annoncé le groupe le 18 décembre. Le chiffre d’affaires recule en revanche à 5,2 Mrd€, contre 5,5 Mrds sur l’exercice précédent. La baisse est due à un « effet conjoncturel » sur le commerce des céréales de InVivo Trading, « sans que cela touche la rentabilité », a expliqué le directeur général Thierry Blandinières lors d’une conférence de presse. « Tous les autres métiers ont progressé en chiffre d’affaires comme en Ebitda », a-t-il ajouté.
Du cash pour investir
La cession de Neovia, filiale santé et nutrition animale, au géant américain des matières premières et du négoce agricole Archer Daniels Midland (ADM) qui aboutira début 2019, devrait rapporter 1 Mrd€ à InVivo, et lui permettre de dégager des liquidités pour investir dans la croissance de ses trois métiers et dans la digitalisation de l’agriculture. Mais cette filiale a représenté également 108 des 163,2 M€ d’Ebitda 2017-18. L’union de coopératives va donc devoir accélérer son travail sur la rentabilité de ses filiales. InVivo prévoit de régresser lors des deux prochains exercices à 100 M€ d’Ebitda, avant de « remonter à 180 M dans trois ans ». « Les moteurs sont là, il faut que l’avion décolle maintenant », a assuré M. Blandinières en déclinant les trois principaux relais de croissance d’InVivo : Bioline, les jardineries et le vin.
Une place de marché dans un an
Les activités de biocontrôle, semences, phyto, agro-digital et agriculture de précision, expertise-conseil, regroupées depuis un an sous le nom Bioline, affichent en 2017-18 un chiffre d’affaires en hausse de 60 % sur un an à 340,6 M€. « Mais nous avons le projet de réaliser 1 Mrd€ en 2025 avec un Ebitda de 100 M€ contre 40 M€ aujourd’hui », a indiqué M. Blandinières. « Nous allons investir dans les nouvelles technologies », pour développer une place de marché à destination des agriculteurs notamment car, dans le cadre de la séparation de la vente et du conseil des phytos, « InVivo aurait un rôle à jouer pour la distribution de ces produits, et le conseil resterait aux coopératives », a-t-il indiqué. 50 M€ sur trois ans seront investis dans la plateforme, qui doit voir le jour en septembre 2019. Cette place de marché concerne tous les métiers du groupe, selon M. Blandinières, avec pour InVivo un rôle de courroie de transmission : l’agriculteur sera mis en contact avec sa coopérative, son technicien. L’union serait par ailleurs bien placée pour gérer toutes les données que génère la numérisation de l’agriculture (capteurs, drones et machines connectées) et les rentabiliser en créant de nouveaux services.
Revitaliser la jardinerie avec l’alimentaire
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L’activité de la branche « retail » (jardineries) est passée à 2,2 Mrds€ de chiffre d’affaires sur l’exercice avec l’acquisition de Jardiland. InVivo compte également faire croître cette activité en vendant de l’alimentation, venue des coopératives locales, dans les magasins, car le chiffre d’affaires des jardineries est concentré sur quelques mois. « Nous voulons rééquilibrer le modèle pour avoir de la consommation toute l’année en ajoutant à la vente de végétaux, du pet food et de l’alimentation », et ainsi atteindre en 2025 2,8 Mrds de chiffre d’affaires et un Ebitda de 100 M, contre 40 aujourd’hui, selon le DG du groupe. InVivo prévoit dans les cinq ans d’investir 200 à 400 M€ dans quelque 300 points de vente pour y ouvrir des enseignes Frais d’ici ou Bio & co, en mutualisant les caisses et les parkings dans ses jardineries Jardiland, Gamm vert et Delbard.
La toute jeune filiale InVivo Wine, créée il y a trois ans, a, elle, atteint 237,3 M€ de ventes, contre 37 M€ l’année précédente, et le groupe projette d’arriver en 2025 à 1 Mrd€ de chiffre d’affaires et 50 M€ d’Ebitda, contre 6 aujourd’hui. InVivo veut créer une plateforme pour vendre des vins français à l’international, mais pour cela, il envisage de parier sur « des marques dédiées à chaque segment de consommateur » plutôt que sur des appellations d’origine, explique M. Blandinières.
La cession de Neovia va dégager du cash pour accélérer la croissance
Le statut de société à mission intéresse InVivo
InVivo veut saisir l’opportunité, ouverte par la loi Pacte, de faire de ses filiales des sociétés à mission, a-t-il indiqué le 18 décembre. Pour obtenir ce statut, que l’on peut assimiler à un label, une entreprise doit adjoindre officiellement à ses finalités économiques des enjeux sociétaux et environnementaux. Le passage en société de mission doit permettre aux filiales d’InVivo de s’aligner sur le statut de l’union, « de faire valoir leurs engagements et de faire progresser les valeurs coopératives et mutualistes », d’après le groupe. Un chantier qui démarrerait avec Bioline.