InVivo a présenté, le 17 décembre en assemblée générale, une nouvelle organisation et gouvernance. Il s'agit de gagner en réactivité, d'attirer les investisseurs, pour accélérer sa croissance et remplir l'objectif de doubler de taille en dix ans.
« Notre organigramme est la pierre angulaire du projet “2025 by InVivo”, en vue d'obtenir des leviers financiers pour accélérer la croissance externe », a expliqué le DG Thierry Blandinières en conférence de presse le 16 décembre. Cet automne, le groupe coopératif a lancé un plan stratégique à dix ans, qui vise à doubler en taille et tripler en performance économique. L'organisation future s'articule autour de trois niveaux : l'Union, une holding pivot, des holdings et filiales par métiers.
En parallèle, la gouvernance évolue. « Le conseil d'administration de l'Union doit comprendre un tiers de directeurs de coopératives, deux tiers de présidents, a détaillé le président Philippe Mangin. Idem pour celui de la holding pivot, au rôle de bureau. Quant au conseil d'administration des filiales, au moins deux élus doivent le composer. Cette gouvernance réclame davantage d'implication, une plus grande responsabilité des membres. » Et Thierry Blandinières d'ajouter : « L'idée est de gagner en réactivité, en agilité pour saisir les opportunités ».
NSA va lever 400 M d'euros pour des rachats
InVivo affiche cinq acquisitions stratégiques depuis mars, en gage de crédibilité de son plan de croissance. Côté résultats, le groupe a présenté un bénéfice net en hausse, à près de 16 millions d'euros contre seulement 100 000 euros l'an dernier. Une amélioration principalement liée à la cession de ses parts dans le spécialiste du commerce international de matières premières agricoles Toepfer. Le chiffre d'affaires lui, a souffert de la baisse des cours des matières premières, céréales en tête, reculant de 7,7 % à 5,7 milliards d'euros. Il se décompose entre un pôle Agriculture à 3,8 Mrd, NSA (Nutrition et Santé animales) à 1,3 Mrd, et la branche grand public à 513 M.
Fer de lance de son expansion à l'international, NSA vient notamment d'acquérir le numéro trois brésilien du petfood (alimentation des animaux de compagnie), Total Alimentos. La filiale va lever 400 millions d'euros pour mener de nouveaux rachats. Une augmentation de capital répartie pour moitié en « equity » (titres financiers), moitié en reprise de dettes.
En quête d'alliances stratégiques
La stratégie est claire : « Toute la croissance va se faire à l'international », principalement par des acquisitions. « Aujourd'hui, le groupe est international à près de 50 %, d'ici 10 ans il le sera à 75 % », ambitionne Thierry Blandinières, qui voit une « fantastique opportunité » dans le développement des classes moyennes des pays émergents, « qui veulent consommer davantage de protéines ». Cinquième groupe coopératif européen et quinzième mondial, InVivo veut s'allier avec d'autres acteurs dans le monde, pour pouvoir rivaliser avec les géants du secteur. L'union vise « un partenaire par continent ». « Nous sommes à la recherche d'alliances stratégiques mondiales dans l'ensemble de nos métiers », a souligné le DG.
« Champion du big data »
Parmi les créneaux porteurs identifiés, l'agriculture de précision. « Il y a un mouvement mondial sur l'agriculture de précision, on est obligés d'être dans le tour de table », estime Thierry Blandinières. Première étape début 2015 : « Créer le champion français du big data agricole » à Montpellier, où le groupe a racheté cette année un spécialiste des systèmes d'information pour le monde agricole, Maferme-Néotic.
D'ici à trois à cinq ans, InVivo va investir 10 à 30 millions dans ce secteur. Pour mutualiser la recherche, le groupe s'est allié avec de grands groupes allemand (Agravis), danois (DLA Agro), suisse (Fenaco) et britannique (Hutchinsons), via une société nommée Novafield. Des équipes de chercheurs y travailleront sur l'agriculture de précision mais aussi sur la mise au point de semences enrobées de produits de biocontrôle. « Des micro-bactéries pourraient être enrobées autour des semences pour diminuer l'utilisation des produits phytosanitaires », espère le patron d'InVivo, qui investit 5 M d'euros par an dans la recherche sur le biocontrôle.