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Coopératives InVivo veut doubler son activité d'ici 2025

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L'union de coopératives InVivo entend doubler son volume d'affaires d'ici 2025. C'est ce qu'envisage son plan « 2025 by InVivo » présenté le 23 septembre par Thierry Blandinières, directeur général du groupe depuis bientôt un an. Un nouveau développement dans l'industrie agroalimentaire est prévu par le groupe que préside Philippe Mangin, de même que dans la distribution de produits alimentaires.

Un an presque après son arrivée comme DG d'InVivo, Thierry Blandinières a donné à cette Union de coopératives françaises ses nouvelles perspectives. Le 23 septembre, après plusieurs mois de travail avec les cadres de l'union, les administrateurs élus et des consultants extérieurs, l'ancien patron de Maïsadour en fixait les grandes lignes. Le plan, dénommé « 2025 by InVivo », vise à doubler le volume d'activité de l'ensemble, diversifier et solidifier les sources de revenus et clarifier les structures. D'un peu plus de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires aujourd'hui (très dépendant des cours des céréales), le CA visé par le groupe est le double à l'horizon 2025, avec un Ebitda de 300 millions et un résultat net de 100 millions d'euros. Les développements envisagés concernent les trois grands pôles d'activité : l'agriculture (agrofourniture, semences, services aux agriculteurs), la nutrition et la santé animale (InVivo nSA) et le pôle grand public (Gamm vert, distribution, produits alimentaires).

ACTIVITÉ NOUVELLE DANS LA DISTRIBUTION ALIMENTAIRE

L'union de coopératives envisage en particulier deux développements totalement nouveaux pour elle : l'une, dans la distribution alimentaire. Comme envisagé depuis l'an dernier, un magasin d'alimentation va ouvrir, d'ici fin octobre à l'enseigne « Frais d'ici » dans la périphérie de Toulouse. Un supermarché de 800 m2 environ (600 m2 de surface de vente) distribuant des produits alimentaires de la région. Des produits « plutôt qualitatifs », selon Thierry Blandinières, de gamme sensiblement supérieure à ce qui est proposé par la grande distribution classique. D'ici deux ans, 4 ou 5 magasins devraient être ouverts en France dans des périphéries de grandes villes, sur des zones à forte circulation. Un ancien cadre d'Auchan, fils d'agriculteur, pilote l'activité. Objectif : atteindre un équilibre d'ici deux ans avec des magasins représentant 4 à 5 millions d'euros de CA. Au-delà, InVivo franchisera la marque de distribution. Le magasin de Toulouse est d'ailleurs créé avec d'autres partenaires, quatre coopératives de la région (Artérris, Vivadour, Fermes de Figeac, Val de Gascogne). « On a un savoir-faire de franchiseur avec Gamm vert », remarque Thierry Blandinières. Dans le secteur de la jardinerie, InVivo annonçait en avril la prise de contrôle envisagée de nalod's, le groupe qui contrôle le réseau Delbard et Jardineries du Terroir.

RELAIS DE CROISSANCE DANS L'AGROALIMENTAIRE

Autre développement annoncé par le nouveau patron d'InVivo, l'industrie agroalimentaire. Il s'agit de trouver des relais de croissance, sur des marchés de marques. Secteur visé en priorité : le vin, sans exclure d'autres comme la transformation porcine. « La porte de l'Union est ouverte à de nouveau adhérents » insiste Thierry Blandinières qui ajoute : « Il existe encore des filières où la coopération peut prendre sa place ». Il s'agit de filières qui sont encore atomisées, sans acteur majeur et sans marques bien installées. « On est dans une démarche de culture de marques », insiste le DG d'InVivo. Pas question, du coup, d'aller sur des domaines fragilisés aujourd'hui comme la volaille export. Et puis, l'Union ne compte pas aller sur des domaines déjà largement couverts par des adhérents dont certains, comme Vivescia, sont très engagés dans la transformation des céréales par exemple. Il n'empêche : le groupe vise près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans l'agroalimentaire d'ici dix ans !

DOUBLER L'ACTIVITÉ DANS LA NUTRITION ANIMALE

C'est dans un des grands pôles d'activité d'InVivo, la nutrition et la santé animales (InVivo nSA) que se situera l'un des développements majeurs du 1er groupe coopératif français. Son volume d'activités « devrait être doublé d'ici dix ans pour atteindre 2,8 milliards d'euros de CA », annonce Thierry Blandinières. Filialisée, avec des partenaires minoritaires (Unigrains, Crédit agricole), cette branche d'alimentation animale est déjà très internationalisée, rentable, et capable de générer ses moyens de développement. Elle vient d'ailleurs d'annoncer, le 5 septembre, l'acquisition de Pancosma, une société suisse parmi les leaders dans les additifs pour la nutrition animale. De fait, c'est aussi dans les métiers traditionnels que se situent les grands changements pour le groupe.

FINANCEMENT : « RESTER MAÎTRE CHEZ NOUS »

Un doublement de chiffre d'affaires implique un financement conséquent, à la hauteur des investissements nécessaires. L'Union inVivo compte actuellement 480 millions d'euros de fonds propres. Les sources nouvelles de financement pas-sent d'abord par les filiales. inVivo nSA, par exemple, pourra se finan-cer sur ses résultats, sur sa dette mais aussi sur son haut de bilan, c'est-à-dire au niveau de son capital qui inclut déjà Unigrains et le Crédit agricole. mais thierry Blandinières et Philippe mangin regardent aussi tout autre moyens du groupe et notamment les nouveaux outils de financement (comme les obligations) auxquels ont recours de plus en plus de coopératives. Avec une condition majeure « rester maîtres chez nous », affirme thierry Blandinières.

LA FUTURE RÉPARTITION DU CA

La future répartition du chiffre d'affaires, à l'horizon 2025, devrait être la suivante selon le plan du groupe :

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5 milliards d'euros (actuellement 2,2 milliards pour les métiers du grain et 1,7 pour l'agrofourniture) Pôle nutrition et santé animale : 2,8 milliards d'euros Pôle grand public : 1 milliard d'euros pour Gamm Vert, 0,5 mrd€ pour la distribution alimentaire, 1 mrd€ pour l'agroalimentaire.

Soit 2,5 mrd€ au total. Ce qui correspond à un CA global d'un peu plus de 10 milliards d'euros.

DEVENIR UN ACTEUR MONDIAL DANS LES MÉTIERS DU GRAIN

Dans les métiers du grain, l'activité commerciale sera filialisée dans une structure « InVivo Trading ». « Il s'agit de développer une activité multiori-gines et multidestinations », explique le DG du groupe. Autrement dit, lorsque les conditions de marché et de récolte l'imposent, ne pas hésiter à aller s'approvisionner ailleurs qu'en France pour sécuriser des marchés. La campagne actuelle, avec des problèmes de qualité des blés, justifie cette approche. Bien que n'étant plus partenaire capitalistique d'ADM, InVivo collabore encore avec le groupe de négoce mondial et peut, de cette manière avoir accès, par exemple, à des blés de la région Mer noire. L'objectif est bien de sécuriser des débouchés pour commercialiser en priorité la production française. Le moyen : devenir un grand opérateur international alors que le groupe « est encore petit ». « On ne peut pas rester dans une démarche franco-française. Il faut avoir une vision globale du marché », affirme Thierry Blandinières. D'ores et déjà, pour cette activité, « on a commencé à redresser le tir. On sera légèrement en perte sur la campagne clôturée le 30 juin, beaucoup moins que l'an dernier ».

FOURNITURES : OBTENIR DES CONDITIONS PLUS AVANTAGEUSES

Le changement portera aussi sur l'activité d'agrofourniture et de service aux agriculteurs. (..) « Il nous faut revoir l'organisation des achats en France. Les Unions Régionales d'achat se sont emparées de ce sujet avec InVivo », explique Thierry Blandinières. De quoi obtenir des conditions plus avantageuses sur un marché où les coopératives adhérentes d'InVivo pèse lourd : 40% des produits phytosanitaires par exemple.

ORGANIGRAMME PLUS CLAIR

Tous ces développements passeront par une clarification de l'organigramme et de la structure du groupe. L'Union InVivo, qui rassemble les activités historiques du groupe, portera et pilotera les activités de services aux coopératives adhérentes. Une holding pivot, InVivo Group, portera les fonctions corporate et marquera la frontière entre activités propres à l'Union de coopératives et les activités économiques. Ces dernières seront rassemblées dans des holding/filiales : holding semences, Agro, Grains, nSA, Grand public etc.. A cette structure correspondent trois pôles de management : un pôle agriculture, un pôle nutrition et santé animale et un pôle grand public (distribution, industrie agroalimentaire). Enfin, le groupe coopératif peut s'appuyer aussi, pour son développement, sur des participations minoritaires existantes. ne détient-il pas 34,5% de la société de semences RAGT depuis qu'en 2010 ils ont mis en commun leur activité de recherche semencière ?