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Alimentation Irradiation des aliments : un collectif redoute une généralisation

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Le Collectif français contre l’irradiation des aliments a fait part de son inquiétude le 14 octobre à Paris de voir se généraliser cette méthode de conservation. Il a regretté que l’étiquetage des produits ionisés ne soit toujours pas effectif.

Le Collectif français contre l’irradiation des aliments, qui réunit une vingtaine de structures représentant des consommateurs (Action consommation, Association Léo Lagrange, Biocoop…), des producteurs (Confédération paysanne, Nature et progrès), des ONG environnementalistes (Agir pour l’environnement, Amis de la Terre…), a fait part de son inquiétude le 14 octobre à Paris de voir se généraliser cette méthode de conservation (encore appelée ionisation). En effet, d’ici la fin 2010, l’Autorité européenne de sécurité sanitaire (EFSA) doit rendre un avis sur le sujet « qui laisse présager une évolution de la réglementation pour une mise au niveau de la norme internationale du Codex Alimentarius, autorisant un traitement par irradiation pour tous les aliments quasiment sans limitation de dose », a annoncé le collectif. Il se base sur un ensemble d’éléments qu’il a pu recueillir sur le sujet. Jusque là, l’irradiation est autorisée pour trente catégories de produits dans l’ensemble de l’Union européenne parmi lesquels les herbes aromatiques, épices et condiments ; les fruits et légumes secs et frais ; les oignons, l’ail et les échalotes ; les crevettes, coquillages et cuisses de grenouilles…

Les industriels ne s’étendent pas sur le sujet

Le collectif a également précisé qu’il avait interrogé des industriels de l’agroalimentaire sur l’utilisation de l’irradiation : seulement 50% ont répondu et affirment privilégier d’autres méthodes de conservation. Idem du côté des vendeurs de tisanes et infusions, des firmes pharmaceutiques et préparateurs de compléments alimentaires.
Le collectif a regretté que malgré ses demandes, les produits irradiés ne soient toujours pas étiquetés et que les contrôles soient quasiment inexistants sur ce point et toujours réalisés à partir de documents et non sur les produits. Il faut dire qu’il n’existe pas de méthode efficace reconnue permettant de différencier un produit irradié d’un autre produit, selon le collectif. Les méthodes acceptées sont des analyses chimiques alors qu’il faudrait analyser les effets biologiques.
« Les doses infligées aux aliments irradiés sont colossales, jusqu’à 10 000 fois la dose mortelle pour l’homme », a précisé Roland Desbordes, président de la Criirad, association spécialisée dans la surveillance de la radioactivité.

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