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Sécurité alimentaire > Irradiation : les Quinze ferment les yeux

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Conscient des faiblesses du rapport sur le traitement des denrées par ionisation, le président de la Commission européenne en a suspendu la diffusion. Les données sur lesquelles le document repose, fournies par les Etats membres, sont très inégales : seuls quatre ou cinq pays effectuent des échantillonnages crédibles.

Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas ! Voilà ce que dénonce le président de la Commission en bloquant le rapport annuel sur le traitement des denrées alimentaires par ionisation pour l’année 2002. Il veut que le document soit plus ferme sur les manquements des Quinze. La version actuelle se contente d’espérer « qu’à l’avenir, les Etats membres effectueront des contrôles afin que le respect des conditions de la directive soit assuré dans l’ensemble de l’UE ».

Irradiés et non étiquetés

Les résultats des maigres contrôles ne sont guère alarmistes : seuls « 2,7 % des échantillons contrôlés se sont révélés irradiés et non étiquetés », indique le rapport non finalisé de la Commission. Mais la crédibilité des tests est suspecte. Car finalement, ceux qui cherchent trouvent ! Ainsi, sur les 4 894 échantillons passés au crible en Europe, 3 351 l’ont été en Allemagne, 833 aux Pays-Bas et 310 en Irlande. Résultat : ces pays ont mis à jour respectivement 26, 55 et 46 produits irradiés et pas correctement étiquetés. A l’inverse – outre les pays qui n’ont tout simplement pas fait de tests – la France ou la Suède n’en ont effectué que quatre ou cinq sans découvrir d’anomalie.

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Compléments alimentaires

Pourtant, les études réalisées par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irlande et les Pays-Bas ont révélé que la pratique de l’irradiation est très répandue dans le secteur des compléments alimentaires : près de deux tiers des échantillons examinés avaient été traités par ce procédé, alors que la législation européenne interdit formellement l’irradiation de ces denrées. Bruxelles attend donc « que le nombre de contrôles effectués sur ces produits augmente dans tous les Etats membres et que les compléments alimentaires irradiés soient retirés du marché ».

Plus généralement, en 2002, les produits irradiés et non étiquetés mis à jour par les tests étaient des fines herbes, des épices ou des aliments composés contenant des fines herbes, des cuisses de grenouilles, des produits à base d’animaux aquatiques, des champignons, des fruits frais, du thé, du café, des sauces et des produits similaires. « S’appuyant sur les informations dont elle dispose », la Commission conclut son rapport de façon presque ironique constatant une bonne application de la directive (1999/2/CE) sur l’ionisation.