Dans la nappe de Beauce, les agriculteurs irrigants ont subi en 2023 une baisse importante des mètres cubes attribués par la Commission locale de l’eau, de 34 %, indique Jean-Michel Gouache, président de l’organisme unique pour la gestion collective (OUGC) d’Eure-et-Loir. Sa structure a la charge de répartir de façon équitable le volume autorisé entre tous les irrigants, anciens et nouveaux. Quant à la Commission locale de l’eau (Cle) du Sage (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux) de la nappe de Beauce, elle fixe chaque année le volume global à répartir en fonction de l’état de la nappe. « Lorsque le coefficient est de 1, l’irrigant obtient 100 % de ses mètres cubes attribués. Lorsqu’il passe sous un seuil d’alerte, une décote s’installe », souligne M. Gouache. Et d’ajouter que les agriculteurs avaient été prévenus de prévisions pessimistes, pour adapter leurs assolements. « Nous avons vu plus de surfaces de colza ensemencées, car la plante ne nécessite pas d’irrigation, et plus de céréales à paille comme des orges de brasserie », témoigne M. Gouache.
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En outre, les cultivateurs ont fait le choix de ne pas irriguer leur culture d’automne, afin de conserver leurs volumes pour l’été, où beaucoup de légumes sont cultivés. Dans de rares cas, « ce sacrifice a pu pénaliser les rendements », mais les choses se sont globalement « bien passées », confirme le président de l’OUGC 28. Il tempère toutefois la situation, en précisant qu’elle n’est pas « gravée dans le marbre ». « Le coefficient peut évoluer favorablement en 2024 si le niveau de la nappe remonte », précise M. Gouache. Toutefois, il estime possible que la nappe de Beauce affronte des problématiques de sécheresse plus fréquemment à l’avenir.
JJ