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Irrigation : un tiers des volumes destinés à des cultures exportées

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Dans une note, France Stratégie (centre de réflexion rattaché à Matignon) souligne la prédominance de l’irrigation agricole dans la consommation totale de l’eau dans l’Hexagone, et évalue parallèlement les effets des retenues d’eau.

En 2020, la consommation française d’eau (1) a été estimée à plus de 4,4 milliards de mètres cubes (Md m3), l’irrigation en représentant près des deux tiers, révèle une note sur les usages de l’eau en France publiée le 18 avril par France Stratégie (centre de réflexion rattaché à Matignon). L’eau utilisée pour l’irrigation est principalement destinée à la production dédiée à l’export (34 %), devant celles destinées, sur le marché intérieur, à l’alimentation animale (28 %) et à l’alimentation humaine (26 %).

Les consommations en eau sont particulièrement élevées dans les bassins-versants Adour-Garonne (volumes consommés de 1 Md m3), Rhône-Méditerranée (1,5 md m3) et Loire-Bretagne (0,8 Md m3). « Ce sont également les bassins-versants les plus irrigués », précisent les auteurs de la note. En outre, ils soulignent que, entre 2010 et 2020, les surfaces irriguées ont augmenté de 23 % dans tout le territoire, et particulièrement dans le bassin Artois-Picardie (+78 %). Selon la note, la particularité de l’irrigation est qu’elle prélève majoritairement entre juin et d’août, « période au cours de laquelle les niveaux des nappes et des rivières sont au plus bas ».

167 000 retenues d’eau en France

Concernant l’abreuvement des animaux et le nettoyage des installations d’élevage, ils contribuent également aux prélèvements d’eau, mais de façon plus marginale, représentant moins de 1 % des prélèvements agricoles, d’après les estimations de France Stratégie. « Toutefois, ce chiffre est probablement sous-estimé, nombre de prélèvements pour l’élevage étant inférieurs à 10 000 m3 et donc non renseignés dans la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE) », précise France Stratégie.

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La note tente également d’évaluer les effets du stockage de l’eau sur la ressource. Au nombre de 167 000, les retenues et réserves artificielles ont une capacité de stockage cumulée estimée à 18 Md m3. Et de souligner que ces dernières peuvent « perturber les milieux », citant une étude sur les effets cumulés des retenues d’eau sur les milieux aquatiques menée par l’Irstea (qui a depuis fusionné avec l’Inra) en 2016.

Ainsi, lorsqu’ils sont situés au travers du lit du cours d’eau, « ils contribuent aux ruptures des continuités écologiques et altèrent les cycles d’érosion-sédimentation », souligne France Stratégie. En outre, « ils participent à la dégradation de la qualité de l’eau » et « modifient le cycle de l’eau en augmentant la quantité d’eau évaporée, diminuant de fait la quantité d’eau dans les milieux aquatiques ». Enfin, « ils conduisent, en raison du drainage des milieux, à la disparition de zones humides », rapporte la note.

34 % de l’eau d’irrigation est destinée à la production exportée