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ITK: «L'opacité des modèles agronomiques est un faux débat»

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Dans une lecture critique de l’ouvrage « Agriculture connectée : arnaque ou remède » de Vincent Tardieu, le directeur R&D d’Itk, Philippe Stoop aborde le sujet de la transparence et de la fiabilité des modèles agronomiques qui se cachent derrière les outils d’aides à la décision:

« Il (Vincent Tardieu) regrette l’opacité des modèles agronomiques à la base de ces OAD, quand ils sont produits par des entreprises privées. C’est exact, mais il s'agit d'un faux débat. »

« Dans le cas de modèles statistiques, issus des techniques du big data, les algorithmes n’ont aucune signification agronomique dont un expert puisse évaluer la pertinence. Seule la comparaison entre les résultats de ce modèle, et des jeux de données réelles, permet vraiment de juger de la validité de l’OAD. »

« Dans le cas de modèles dit mécanistes (ou process-based models), les algorithmes ont bien un sens interprétable, puisqu’ils décrivent les mécanismes physiologiques fondamentaux de la plante (ou de ses maladies et ravageurs). Toutefois, l’examen de ces algorithmes n’apporterait pas grand-chose à un utilisateur éventuel. Vu la complexité de ces mécanismes, un modèle contenant une erreur ou une approximation abusive détectable par un expert n’aurait aucune chance de donner des résultats acceptables pour une mise en marché. »

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« Là encore, c’est seulement la comparaison des simulations du modèle avec des données réelles qui permet de juger de la qualité de l’OAD. Dans ce domaine, les entreprises privées ont besoin du secret industriel pour défendre leurs investissements en R&D, car un modèle n’est pas brevetable. »

« Exiger la publication des algorithmes reviendrait donc à les exclure du jeu, sans aucun bénéfice pour l’utilisateur final. Par contre, la certification de ces OAD par un organisme public serait une véritable avancée. » 

Pour Philippe Stoop, le contrôle public serait « la meilleure solution pour améliorer la transparence sur ces outils. Cela pourrait même être une opération gagnant-gagnant pour les entreprises productrices d’OAD, si cette certification est pour elles l’occasion de tester leurs modèles sur les bases de données des instituts de Recherche et Instituts Techniques. »