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Porcs J.-M. Serre : la politique contractuelle, nécessaire mais pas facile à « vendre »

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Le président de la Fédération nationale porcine (FNP), Jean-Michel Serre a plaidé, le 6 juillet lors d’une conférence de presse pour la politique contractuelle « même si elle n’est pas facile à vendre sur le terrain » selon lui. Faisant allusion, tant aux contrats interfilières pour réduire la volatilité des prix de l’aliment du bétail qu’à l’accord du 3 mai (pour répercuter les coûts d’élevage) il constatait que de tels contrats auraient permis d’éviter que « le prix de l’aliment du bétail ne soit déconnecté de celui des céréales ».

«La filière porcine a pour tradition de travailler sur des prix spots », explique Jean-Michel Serre, président de la Fédération nationale porcine (FNP). C’est une « révolution culturelle » qu’elle doit réaliser pour adopter le principe de relations contractuelles. Peu utile pour le très court terme, elle l’est au contraire pour des échéances plus longues, de l’ordre d’une campagne ou plus.
Exemple évoqué par le président de la FNP et son secrétaire général Paul Auffray : ils considèrent excessif qu’à l’époque où le blé se vendait 170 euros la tonne, le prix de l’aliment atteignait les 270 euros la tonne. Une fois intégrés les frais de transport, d’approche, de stockage et les coûts des autres composants de l’aliment, l’écart devrait être bien plus faible, sans que Jean-Michel Serre ne veuille s’aventurer à citer un chiffre. Et de regretter, aussi, que les contrats prévus par l’accord interfilière ne prévoient pas pour l’instant d’inclure les sous-produits et issues de blé.

Les réticences de la FICT

Les éleveurs de porc ne sous-estiment donc pas les difficultés d’application des principes contractuels dans leur filière. D’autant que certaines professions refusent tout simplement d’entrer dans le processus. Les dirigeants de la FNP ont vivement regretté le refus constant de l’industrie de la charcuterie, représentée par la FICT, de signer l’accord du 3 mai sur la négociation des prix de vente à la distribution. Alors même qu’elle regrette les difficultés à répercuter les prix auprès des grandes surfaces et qu’elle constate que ses entreprises sont en difficulté. En matière de politique contractuelle, « la révolution culturelle dans le porc n’est pas encore faite », constatait J.-M. Serre.
Les éleveurs de porcs sont « otages des industriels de la charcuterie », lançait Jean-Michel Serre qui constatait que, parallèlement, « les industriels de la volaille ont déjà répercuté il y a quelques jours des hausse de coûts de production ». Une moyenne de 5% de hausse aurait été négociée. Il a demandé à ce que la FICT « signe l’accord » interprofessionnel du 3 mai et « que tous ensemble, comme c’est prévu par cet accord, on se retrouve autour de la table ».

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