Alors que se tenait du 7 au 11 février à Genève une nouvelle semaine de négociations agricoles dans le cadre du Programme de développement de Doha, le président français Jacques Chirac a affirmé le 4 février, lors de l’ouverture du « Forum du Dakar agricole », que « la libéralisation des marchés agricoles a un impact inégal et, dans certains cas, négatif sur les pays en développement ». « Pour l’avenir, contrairement aux idées reçues, et si rien ne change, la poursuite de la libéralisation des marchés profitera d’abord aux pays riches et aux pays en développement du groupe de Cairns », a estimé le chef de l’État. « Les pays pauvres seront perdants. Perdants parce qu’ils ne pourront pas augmenter leurs exportations. Perdants à cause de la dégradation constante des termes de l’échange », a-t-il ajouté.
M. Chirac a également tenu à souligner que « la Pac n’est pas l’ennemie de l’agriculture des pays en développement ». « Les accusations de dumping commercial, de fermeture des marchés sont des accusations souvent infondées et toujours de mauvaise foi lorsqu’elles émanent d’un certain nombre de grands producteurs internationaux », a-t-il dit, rappelant que l’UE est « le premier client des pays en développement ». « Elle absorbe 85 % des exportations agricoles africaines et 50 % des exportations agricoles sud-américaines. Au total, l’Union européenne importe plus des pays en développement que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon réunis », a précisé le président français.
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« Trois conditions »
« Lors du lancement du cycle du développement à Doha, nous, Européens, nous sommes engagés à réduire les aides agricoles, notamment les aides à l’exportation. Mais nous ne pourrons progresser dans ce sens qu’à trois conditions », a également déclaré M. Chirac : « En prenant en compte toutes les aides à l’exportation, quels que soient leur niveau et leur forme » et en veillant à ce que « l es mouvements monétaires ne créent pas eux-mêmes des effets pervers sur les marchés » ; en éliminant ces aides « de manière progressive » ; « en ciblant en priorité les soutiens qui ont les effets les plus déstabilisants pour les pays les plus pauvres ». S’agissant de ce dernier point, le président français a cité le cas du coton, qui va d’ailleurs être traité à Genève par un sous-comité du Comité de l’agriculture de l’OMC dont la première réunion est prévue le 16 février.