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Champagne céréales Jacques de Bohan s’offre un départ en fanfare

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Le président de Champagne Céréales depuis 30 ans a annoncé le 9 décembre qu’il ne serait pas candidat à sa succession. Son successeur probable, Pascal Prost, devrait être élu que le 13 décembre. Jacques de Bohan laisse une coopérative en pleine santé qui a réalisé sur la dernière campagne un chiffre d’affaires en hausse de 8% à 574 millions d’euros et un résultat net de 6,3 millions d’euros. Il a par ailleurs annoncé le rapprochement des activités aval de Champagne céréales, de Nouricia et de EMC2 pour créer Siclad (Société d’investissement champenoise et lorraine pour l’agro développement). Laurent Jubert, directeur général depuis deux ans, a pour sa part pu s’enorgueillir de la réussite de son « Plan de progrès » qui, au prix d’une réduction d’effectifs de 80 personnes et d’une réorganisation de la coopérative en 16 sections au lieu de 25, a permis de réaliser 5 millions d’euros d’économies.

Pour son départ de la présidence de Champagne céréales, Jacques de Bohan s’est offert une « standing ovation » de plusieurs minutes à l’issue de la réunion d’information annuelle de la coopérative, qui s’est tenue le 9 décembre à Reims. Une réunion doublement chargée d’émotion puisque, outre son départ, le président a annoncé publiquement sa maladie, un cancer du foie, promettant que sa guérison ne serait l’affaire que de « quelque mois ». Un film de 30 minutes sur l’histoire de Champagne Céréales, tout à la gloire de son président, a été projeté. Pour ne pas voler la vedette au héros du jour, on a soigneusement évité d’évoquer son successeur. Pascal Prost ne devait donc être officiellement élu que le 13 décembre.

Une coopérative en pleine santé

Jacques de Bohan lui laisse une coopérative en pleine santé. Malgré une baisse de la collecte, la campagne 2003/2004 se termine par une hausse du chiffre d’affaires de 8% à 574 millions d’euros et un résultat net de 6,3 millions d’euros. Laurent Jubert, directeur général depuis deux ans, a pour sa part pu s’ennorgueillir de la réussite de son « Plan de progrès » qui, au prix d’une réduction d’effectifs de 80 personnes et d’une réorganisation de la coopérative en 16 sections au lieu de 25, a permis de réaliser 5 millions d’euros d’économies. Mais c’est le président qui a eu l’honneur d’annoncer la grande nouvelle du moment, à savoir le rapprochement des activités aval de Champagne céréales, de Nouricia et de EMC2 pour créer Siclad (Société d’investissement champenoise et lorraine pour l’agro développement). Rassemblant les fonds propres des activités aval de ces trois coopératives, la holding agroalimentaire sera tout de meme détenue à 62% par Champagne céréales, contre 14% pour EMC2 et 20% pour Nouricia. Refusant de parler d’absorption, le président sortant estime avoir lancé une « mécanique pour 10 ans » .

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« Un homme serein et un homme heureux »

Après 30 ans à la tête de la première coopérative française, Jacques de Bohan estime être « un homme serein et un homme heureux » et, fort d’une « certaine réussite professionnelle et familiale », il a délivré comme à l’accoutumée ses impressions sur les sujets du moments. Abordant le rapport Guillaume sur la coopération, qu’il juge « extrêmement important et courageux », il a émis des doutes sur la remise en cause d’une partie des réserves sous forme de capital social. D’après lui, « les réserves sont le garant du lien entre les générations ». Il a en revanche approuvé la création d’une Haute autorité de la coopération qui « agrée les coopératives et assure leur bon fonctionnement ». Concernant Coop de France, il estime que « Philippe Mangin est le meilleur président possible et l’idée de l’entourer de quatre personnes est une bonne chose ». Il pense en revanche qu’il faut « qu’elle soit rapidement mise sur orbite pour traiter les sujets du moment : OMC, OGM, biocarburants et rapport Guillaume. Le temps presse. Avançons ! ». Par contre la prochaine loi d’orientation agricole « manque de souffle » à ses yeux. « On est encore sur les structures des lois de 60 et 62 c’est de la folie !». Les biocarburants sont pour lui « une bagarre que les paysans doivent gagner contre les grands pétroliers français » et les OGM sont pour lui sans conteste « l’avenir de la société française ».