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Jacques Rouchaussé demande à l’État d’investir dans la filière légumes

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S’ils revendiquent leur capacité à s’organiser seuls, les producteurs de Légumes de France estiment que l’État doit également prendre sa part de responsabilité. Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France, demande aux pouvoirs publics d’apporter un soutien financier.

L’État ne doit pas se désengager : tel est, en substance, le message qu’a fait passer Jacques Rouchaussé, le président des producteurs de Légumes de France en clôture du 61e congrès de l’organisation le 17 novembre à Marseille. La filière légumes frais – et fruits frais au sein de l’interprofession – a su s’organiser, comme le demande aujourd’hui Emmanuel Macron à travers les « plans de filière », estime la branche légumes de la FNSEA. S’il fallait le prouver, Légumes de France dispose d’exemples : le financement par toute la filière fruits et légumes de son centre technique de recherche, la rédaction des « 9 engagements » d’Interfel – sorte de plan de filière – que le candidat Emmanuel Macron avait signée lors du dernier Salon de l’agriculture, ou encore le travail mené depuis plusieurs années pour réduire l’utilisation des pesticides. Sur cette question d’ailleurs, les producteurs de légumes n’ont pas « attendu l’agroécologie de Stéphane Le Foll » pour prendre conscience de la nécessité de diminuer l’usage des produits phytos, a rappelé Jacques Rouchaussé. Mais pour atteindre cet objectif, les agriculteurs ont besoin « de temps et de moyens ».

« L’effet levier » de l’investissement public

Le problème, a expliqué Jacques Rouchaussé, c’est que le ministère de l’Agriculture ne semble pas enclin à mettre la main au porte-monnaie. Le président de Légumes de France ne jette pas la pierre à Stéphane Travert, avec lequel il se montre indulgent, mais plutôt à ses conseillers. « Un conseiller du ministre dit ne pas comprendre l’effet levier de l’investissement public », pourtant la démonstration n’est pas bien compliquée, estime Jacques Rouchaussé. Sortant feutre et paperboard, le président de Légumes de France a tenté d’expliquer simplement tout l’intérêt du soutien public.

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Rentable pour l’État

« Il y a 3,5 millions de chômeurs et cela coûte 90 Mrds € à l’État. Donc un chômeur coûte 26 000 € par an à l’État », a expliqué en préambule Jacques Rouchaussé, avant de poursuivre. « Pour installer une serre, un agriculteur aurait besoin d’un investissement public de 1,20 M€. Cette serre permettrait de faire travailler 30 personnes. 30 chômeurs de moins, ça fait – 26 000 que l’on multiplie par 30 – 780 000 € d’économie par an pour l’État ». Conclusion : si l’État a investi 1,20 M€, son investissement est rentabilisé en 18 mois. « Nous voudrions bien faire des investissements aussi rentables nous ! », s’est exclamé Jacques Rouchaussé. « Nous pouvons nous organiser, nous pouvons contractualiser, nous pouvons structurer nos filières, mais nous avons besoin du soutien public », a expliqué Jacques Rouchaussé avant de conclure : « J’envoie le paperboard au ministère ? ».

« Nous voudrions bien faire des investissements aussi rentables, nous ! »