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Michel Barnier à l’Assemblée nationale « Je ne serai pas le ministre d’un déménagement de la production laitière ! »

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« Je ne serai pas le ministre d’un déménagement de la production laitière ! » C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Agriculture Michel Barnier devant les députés de la commission de l’économie de l’Assemblée nationale, le 25 mars. Présentant sa politique devant des députés très sensibles à l’attention qu’il leur prête, Michel Barnier en a profité pour préciser sa position face au bilan de santé de la Pac. Il veut faire adopter des ajustements et des réorientations qui puissent être applicables dès 2009. Concernant les quotas laitiers, il s’engage à se battre pour que leur suppression ne soit pas inéluctable.

La suppression des quotas laitiers n’est pas une fatalité. Si ces quotas vont augmenter de 2 % cette année, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier ne se résigne pas à leur suppression pure et simple en 2013. « Je crains que le marché laitier, extrêmement fragile, ne soit pas durablement installé sur une pente haute de prix, comme le sont les céréales », a-t-il expliqué aux députés membres de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Autrement dit, une augmentation de la production pourrait faire refluer les prix d’une manière soudaine. D’autant que certains pays ne demandent qu’à produire. « L’Ukraine a perdu la moitié de sa production, explique Michel Barnier, elle est bien capable de revenir à son niveau antérieur. »

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La fin des quotas est évitable

D’où des risques de déplacement de la production lorsque celle-ci n’est pas protégée par une appellation d’origine qui la lie au territoire. « La transformation elle-même peut se déplacer », affirme le ministre qui promet toutefois : « Je ne serai pas le ministre d’un déménagement de la production laitière ! » Michel Barnier met d’ailleurs, dans sa liste des secteurs qui doivent profiter d’une réorientation des aides, la production laitière en zone défavorisée. Et il est persuadé que la France doit se battre pour éviter la suppression totale des quotas en 2013. Lui-même aurait obtenu que les 2 % de hausse de cette année soit ponctuelle, non renouvelée systématiquement, contrairement à ce que demandaient plusieurs pays membres. La tâche n’est pas facile, certes, car la France n’est qu’un élément parmi 27 pays membres. Et de rappeler que sur 345 voix au total au conseil de l’UE, la France n’en dispose que de 29, que la minorité de blocage est de 91 et la majorité qualifiée de 255. D’où, obligatoirement, une politique d’alliances, d’autant plus importante bientôt que le Parlement européen sera co-décisionnaire de la politique agricole, entre autres, au 1 er janvier 2009. Michel Barnier a aujourd’hui visité 18 pays membres de l’UE. Il compte avoir vu nos 26 partenaires d’ici fin juin.