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Jean Bizet : « Faire entrer l’agriculture française dans un environnement concurrentiel »

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Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes au Sénat et sénateur Les Républicains de la Manche, a cosigné la proposition de loi Les Républicains-UDI pour la compétitivité de l’agriculture française.

Comment expliquez-vous la situation préoccupante dans laquelle se trouve l’agriculture française aujourd’hui ?

La crise n’est pas soudaine. C’est la combinaison de plusieurs éléments conjoncturels – une baisse de la demande alimentaire en provenance de Chine, l’embargo russe, quelques aléas climatiques – qui a démontré la fragilité structurelle de l’agriculture française. Pendant une décennie, la France a refusé de s’adapter à la mondialisation, s’interdisant de parler de compétitivité. Elle s’est montrée trop sensible aux préceptes des environnementalistes adeptes de la décroissance. On a voulu nous faire croire, à tort, que l’agroécologie allait révolutionner l’agriculture.

Votre proposition de loi suffira-t-elle à sortir l’agriculture française de la crise ?

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Le texte que nous proposons s’attaque aux problèmes structurels, il s’inscrit dans le long terme et donne des outils aux agriculteurs français pour gagner en compétitivité. Mais évidemment, une partie des réponses se situe au niveau européen. Sur la question de l’harmonisation des normes, nécessaire pour assurer une concurrence saine en Europe, je ne suis pas sûre qu’elle puisse se faire par le haut. Quand la France était un pays riche, elle pouvait avoir une politique sociale généreuse. Aujourd’hui, elle doit faire un bout de chemin vers les autres Etats membres.

Pensez-vous que votre texte sera bien accueilli par les députés socialistes ?

Nous avons su cosigner cette proposition avec les sénateurs UDI et nous sommes prêts à accepter des amendements des députés socialistes s’ils sont pertinents. On ne doit pas faire de politique politicienne sur le dos des agriculteurs. Nous devons appréhender ce texte en considérant nos collègues de l’opposition comme des partenaires plutôt que des adversaires. Si l’on n’a pas ce pragmatisme, il ne faut plus se demander pourquoi les mouvements populistes et extrémistes gagnent du terrain en France !