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Jean-Claude Juncker invoque l’emploi pour justifier les accords de libre-échange

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Le commerce est « synonyme d’emplois », explique le président de la Commission européenne pour justifier la négociation d’accords de libre-échange, et insister pour que celui avec le Canada soit ratifié « le plus rapidement possible ».

« Être européen, c’est aussi être ouvert et faire du commerce avec ses voisins, au lieu de leur faire la guerre. C’est faire partie du plus grand bloc commercial au monde, avec des accords commerciaux conclus ou en cours de négociation avec plus de 140 partenaires dans le monde », a affirmé Jean-Claude Juncker dans son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, le 14 septembre à Strasbourg. Face aux critiques dont font l’objet les pourparlers de libre-échange que Bruxelles mène ou a bouclés avec les pays tiers (1), le président de la Commission européenne a souligné que « chaque milliard d’euros d’exportations représente 14 000 emplois supplémentaires créés dans l’UE » et que « plus de 30 millions d’emplois, soit un emploi sur sept dans l’UE, dépendent maintenant de nos exportations vers le reste du monde ».

Tout en notant qu’il n’est pas « un partisan fanatique du libre-échange », le chef de l’exécutif a demandé que l’accord commercial avec le Canada soit « ratifié le plus rapidement possible » (2).

Conférence à Bratislava

La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, organise le 22 septembre à Bratislava une conférence sur le thème des « accords commerciaux de l’UE dans la pratique – faire du commerce un succès pour vous », à laquelle sont conviées organisations professionnelles et syndicales, associations de consommateurs, ONG et parties prenantes de la société civile.

Au cours de la session finale de ces débats, elle sera rejointe par la ministre canadienne du commerce, Chrystia Freeland, qui a espéré, le 12 octobre, que son pays puisse signer son accord économique et commercial global (CETA) avec l’UE lors du sommet qui réunira les deux parties le 27 octobre à Bruxelles.

L’Australie entre l’UE… et le Royaume-Uni

En visite à Bruxelles le 8 septembre, le ministre australien du commerce, Steven Ciobo, a affirmé le souhait de son pays d’entamer des pourparlers de libre-échange avec l’UE au premier semestre de 2017. Ces pourparlers et ceux pour un accord de libre-échange post-Brexit avec le Royaume-Uni sont « deux négociations distinctes », a-t-il remarqué.

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« En fait, je ne qualifierai même pas les discussions avec le Royaume-Uni de négociations. Le Royaume-Uni reste une partie de l’UE, et ce au moins pour les deux prochaines années et demie, j’imagine. Nous l’avons dit clairement à Londres », a précisé le ministre australien (3).

(1) et (3) Voir n° 3560 du 12/09/16

(2) Voir n° 3554 du 11/07/17

(4) Voir n° 3558-3559 du 05/09/16

Le TTIP n’a plus « le soutien politique de la France »

Le secrétaire d’État français au commerce extérieur, Matthias Fekl, a réaffirmé le 14 septembre que les négociations de libre-échange entre l’UE et les États-Unis (TTIP) n’avaient plus « le soutien politique de la France », tout en reconnaissant que Bruxelles avait le droit de les poursuivre. « Le droit européen fait qu’un mandat de négociation donné à la Commission européenne est potentiellement valable éternellement », a-t-il expliqué, ajoutant que « rien ne permet à aucun pays membre de l’UE de dire “ça doit s’arrêter” » et que « la Commission est parfaitement en droit […] de négocier autant qu’elle le souhaite ».

Matthias Fekl a rappelé néanmoins son intention de demander l’arrêt de ces pourparlers bilatéraux lors de la réunion informelle des ministres du commerce des Vingt-huit prévue les 22 et 23 septembre à Bratislava (4).